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25
Mar
2019

ARES : Don d'organe en vue de greffe, don de vie...

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Terrasson - Loisirs/Culture

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L'ARES vient d'organiser une conférence sur le thème "Don d'organe, don de vie" au centre socioculturel de Le Lardin le 13 mars 2019 devant une centaine de participants. L'invité d'honneur était le Dr Elias Karam. L’objectif de cette soirée n’était pas de faire du prosélytisme pour ou contre les dons d’organe mais d’éclairer les personnes sur les conditions et les enjeux, et les inciter à dire à leurs proches leur volonté en termes de dons. Les greffes d’organe et de tissus sont un progrès majeur de la médecine. Les objectifs de l’Agence de Biomédecine est d’augmenter cette thérapeutique. Cette chirurgie est le seul moyen de réparer un organe vital et de rétablir une fonction. A défaut de greffe, les personnes sont condamnées à court terme. A Brive, l’année dernière, 9 donneurs ont offert leurs organes : un donneur donne plusieurs organes et sauve autant de vies.

Le processus du don/greffe commence en service de réanimation où le décès (irréversible) d’un patient est constaté et prouvé (encéphale sans irrigation à l’IRM ; eeg plat 2 fois de suite ; pas de respiration spontanée). La décision est collégiale. La décision est difficile pour la famille car le décédé, ventilé et circulation artificiellement maintenue, a un aspect « normal ». Cependant la décision doit être prise en urgence. Des examens (recherche de pathologie ; groupage tissulaire HLA…) sont effectués et adressés à l’Agence de Biomédecine (nationale) qui recherche dans son fichier un receveur potentiel compatible. Le patient est descendu au bloc et on garde une circulation normo thermique régionale avec perfusion des organes. L’équipe qui doit greffer est avertie et, toujours dans l’urgence, contacte le receveur puis prend l’avion pour venir prélever à Brive. Le temps est très limité (4h pour le cœur). Il s’agit d’actes très techniques avec des contraintes médico-chirurgicales, légales et exigeantes pour conserver la dignité de chaque personne.

En France le consentement est présumé témoignant de la solidarité. Chaque Français est donneur potentiel mais chacun peut, si il le désire, s’inscrire sur le Registre National de Refus en imposant les conditions de son choix (ne veut pas donner tel organe, pas à tel ou tel…). Cette décision est toujours révocable. La carte de donneur ne fait pas foi (la personne a pu changer d’avis entre temps).

L’avis de la famille est toujours demandé avant le début du processus : elle peut s’opposer au don mais doit rendre compte des conditions dans lesquelles la personne a dit son choix de refuser le don. En pratique, il ne peut pas être fait opposition au refus de la famille. Pour éviter des difficultés de choix, dans un temps dramatique et en urgence, il faut en parler clairement à ses proches, avant, quand tout va bien. Le don est solidaire, gratuit, anonyme, fraternel et citoyen. Actuellement il existe en France 30% de refus (15% en Espagne).

Greffes : actuellement 60 000 personnes vivent en France grâce à une greffe. Il y a 5780 greffes d’organe par an. Sont greffés : rein (3500) ; foie (1374), cœur (467), cœur/poumon, poumons (378), pancréas (96). A Brive, les prélèvements se font sur des personnes à cœur battant (et encéphale mort). Se développe actuellement les prélèvements sur cœur arrêté, décédés, pour lesquels les soins sont « déraisonnables » et les chances de survie nulles. Les greffons sont insuffisants pour couvrir les besoins : 4000 personnes décèdent en Europe (400 en France) par manque de donneur chaque année.

Au cours de cette conférence, un témoignage plein de vie a été exprimé par une personne greffée depuis 7 ans. C’était une greffe alors que le pronostic vital était engagé à court terme. L’essoufflement était très important, rendant la vie très difficile et inconfortable. Il a reçu un appel en urgence du CHU de Bordeaux. La prise en charge a été immédiate, l’opération indolore… le réveil plus délicat. Depuis, il a une vie personnelle et sociale normale moyennant la prise d’un comprimé matin et soir. Il fait du sport, voyage, mange normalement. Il pense souvent à la personne qui lui a fait cadeau de ses organes et par là de la vie. Par respect pour elle et pour le travail effectué, il suit une hygiène de vie sérieuse (n’empêchant pas quelques écarts). Seule contrainte, il effectue un bilan très approfondi tous les trimestres au CHU.

Le Dr Karam explique : « les greffés ont 2 dates de naissance : le jour de l’état civil et le jour de leur greffe. Ils manifestent une reconnaissance éternelle. La greffe est la dernière chance ». « C’est un travail d’équipe très long, très technique, très précis. Mais qui donne de très grandes satisfactions ». La greffe est rentable : elle évite des décès imminents, elle rend une qualité de vie excellente et est même économiquement positive : une greffe de rein est moins onéreuse que des dialyses trihebdomadaires, à vie !

Donneurs : Il existe obligatoirement un grand respect pour la famille, sa souffrance, des convictions, ses volontés. C’est une décision difficile dans un contexte affligeant et dans un délai très court. Tout Français est un donneur potentiel (sauf opposition). L’âge n’est pas une contre indication (jusqu’à 93 ans !!!), ni le diabète ou l’alcoolisme. Seule contre indication au don : l’état infectieux ou cancer.

Puis c’etait Le témoignage plein de courage et d’altruisme d’une femme ayant perdu son époux, il y a 4 jours, dramatiquement. Il est justement décédé dans le service du Dr Karam. Elle dit le climat apaisant, qui réconforte au sein de ce service de réanimation. Elle est bien sûr effondrée par le passage du cher disparu mais trouve dans le prolongement sur la Vie (la vie de plusieurs personnes), dans l’utilité de ce don, dans l’accueil et l’accompagnement de l’équipe, des germes de résilience, d’espérance.

Après greffe, le rein a une demi-vie de 12 ans : après on peut greffer à nouveau. Pour d’autres organes la vie d’un organe greffé peut excéder largement les 20 ans. Le corps est rendu aux familles dans un état de présentation parfait pour suivre des obsèques habituelles.

Donneurs vivants : C’est une technique qui se développe : essentiellement rein (537/an) et foie (14/an). Le don vient de la famille stricte ou d’un ami de plus de 2 ans. Il ne peut y avoir de contre partie.

Questions diverses :
*Le don de sang avec ses valeurs : don, gratuité, citoyenneté, fraternité prépare et facilite les dons d’organe
(Eric Grandchamp)
*En Europe le don d’organe est partout gratuit : ce n’et pas le cas en Amérique du Sud (et du Nord), Asie, Moyen Orient…
*La race, l’ethnie, la religion… n’interviennent pas : l’important est la compatibilité HLA qui n’a rien à voir
avec ces critères.
*Il existe une agence européenne et si un organe ne trouve pas preneur en France il est proposé aux autres pays.
*Les jeunes donneurs peuvent offrir beaucoup d’organes : ils sont multi donneurs.
*Les enfants peuvent être donneurs (cas très déchirants) ; il faut l’accord des 2 parents ; ou du tuteur
*Personnes isolées sans famille connue : recherche très active d’une parenté (mais urgence !!!)

Conclusion. La greffe d’organe nécessite le don d’un organe mais est aussi un don d’amour. Les critères de priorité de greffe ne sont en aucun cas la fortune, la puissance ou la célébrité : ce sont des critères médicaux et une priorité est donnée aux urgences et aux plus jeunes. H.D.

Prochaine rencontre « extraordinaire », au centre socioculturel du Lardin, le 10 avril à 20h sur le thème « Laïcité et liberté en 2019 » avec Régine Anglard, conseillère départementale de Dordogne et vice-présidente chargée de la Culture, et Mgr Rouet, théologien, écrivain, philosophe... A noter que le journaliste Jean-Claude Guillebeau a donné son accord pour participer à une prochaine conférence de l'ARES courant 2019.


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