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23
Oct
2018

ARES : un débat sur l'argent

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Terrasson - Société

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La première réunion de l'ARES de la saison 2014-2015 avait pour thème : "L’argent et nous". 24 participants étaient réunis à la salle Saint Pierre à Montignac. La réunion du mercredi 12 novembre à 20 h à Montignac avait lieu sur le thème : "Voisinage et tolérance" avec J.M. Bouygues, éthicien.

Un hommage fraternel a été rendu à Josette Lafaye qui faisait partie des fondateurs de l’ARES. « Elle a enrichi les rencontres de toute son humanité, son expérience et sa tolérance. Nul n’est remplaçable  mais nous pouvons prolonger son action, nous efforcer de remplir au mieux les tâches qu’elle assumait ». Cette réunion a ouvert le cycle sur « l’argent » et sera complétée par une soirée sur « L’affaire Kerviel : qu’est ce qu’elle dit de nous et de la société ? », au premier trimestre 2015, avec Nathalie Geneste (Maitre de conférence en économie à la Faculté de Bordeaux).

Qu’est ce que l’argent pour moi ? L’argent a des fonctions multiples. Il permet, en premier lieu, une protection de la famille, de l’avenir. Il permet un certain confort, d’acquérir une maison familiale ou d’envisager par exemple des études pour les enfants.  « Il a réussi »… l’argent peut être le moteur pour atteindre un objectif, une promotion sociale : objectif légitime si compatible avec le bien commun.

Quand les besoins primordiaux sont assurés, il peut être investi dans des outils de production.

Il est souligné la considérable évolution de la place de l’argent : il existait (jusque dans les années cinquante), une pénurie généralisée, en particulier dans le monde agricole. Cela entrainait une insécurité économique et des pratiques de troc et d’autosuffisance : l’argent n’existait pas, ou était très rare, pour une large frange de la population. Parallèlement, le travail était abondant et le chômage inexistant.

L’éducation était adaptée à ce monde avec des règles d’économie (« pas de gaspillage », « l’argent est précieux »…) et des règles d’éducation indiscutées : « si tu veux de l’argent, travaille ». Les études des enfants nécessitaient souvent des sacrifices sévères pour les parents.

Après la période faste des trente glorieuses, le rapport à l’argent s’est considérablement transformé : travail rare et chômage, protection sociale hypertrophique, écarts de salaire gigantesques (le salaire du PDG de LVMH correspond à 207 années de salaire moyen d’un salarié …) estimés scandaleux.

Travail et argent. Pour la plupart des participants, argent égal travail. Pour les nombreuses personnes qui ont connu les années d’expansion économique « l’argent n’était pas un souci ». « Il était juste un bon ou mauvais serviteur ».

Il est signalé la situation spécifique des mères au foyer, des femmes d’agriculteur, de commerçant ou d’artisan où le travail ne produit pas de rémunération.

La production moderne (industrielle, agricole, de services) nécessite un effort d’investissement de plus en plus important et donc d’épargne préalable. La préparation de l’avenir est à ce prix.

Un témoignage sur le difficile passage à la retraite : l’étonnement d’avoir des revenus sans produire un travail, avec un sentiment de quasi culpabilité. Heureusement cette retraitée a pu dépasser ce malaise en s’investissant dans des activités bénévoles qui emplissent heureusement sa vie.

Personne n’envisage l’argent gagné illégalement ou dans des conditions bafouant la dignité des personnes.

Cigale ou fourmi ? Chacun estime utiliser justement l’argent malgré des grandes variations de comportement, mais deux attitudes opposées semblent condamnables. Les dépenses irraisonnables qui entraînent l’insolvabilité et donc l’appel à la solidarité sociale ou contrainte du créditeur. Beaucoup de cas « pathologiques » sont rapportés, avec une tendance signalée à la récidive, les échecs passés ne servant pas de leçon à ces personnes surendettées.

La thésaurisation où l’argent prend une place prépondérante, centrale, dans la vie de la personne. Il n’est pas utilisé pour par exemple abriter sa famille, préparer l’avenir de la personne ou des enfants, améliorer son outil de travail… L’amour de l’argent prend le pas sur la solidarité humaine et ne constitue plus ce pour quoi il existe : un lien social.

Il est souligné que c’est le fait de surendettement récurent ou de l’amour immodéré de l’argent qui est condamnable, pas la personne. Les antécédents, les circonstances peuvent parfois expliquer ces incivilités. « C’est voler celui qui en aurait besoin ».

L’argent ne peut pas être considéré comme seule valeur ou valeur prioritaire.

Pourquoi l’argent est tabou en France ? Tous les participants pensent que l’argent gagné par un travail honnête n’est en rien honteux. Il témoigne d’une contribution au bien commun par des efforts. Sa détention et son utilisation ne doivent pas être ostentatoires, blessant pour l’entourage. Mais pourquoi n’en parlent-on pas librement en France ?

Plusieurs hypothèses sont avancées : l’influence de la religion catholique (et en particulier du jansénisme et du dolorisme), la pudeur, l’envie, la jalousie…

Bénévolat ? L’existence même du bénévolat prouve que l’argent n’est pas la seule évaluation de l’utilité sociale d’une activité. Il est dit la richesse de cette activité : rencontres (souvent hors de son cercle naturel), sentiment d’utilité en particulier pour les retraités.

Diverses questions sont abordées : gestion de l’argent du couple, l’héritage et ses avatars, liberté (y compris de partager!) permis par l’argent, l’éducation à la gestion des enfants…

Une ébauche de synthèse est esquissée : l’argent est un symbole et rien qu’un symbole. On ne peut faire de l’argent l’unique échelle de valeur, une idole.

L’atelier ne conteste pas 3 principes éthiques traditionnels qui régissent le rapport à l’argent.

* il doit permettre le respect de la dignité de chacun

* il a vocation à participer au bien commun

* il doit permettre à chacun d’exercer sa liberté d’initiative

Un temps sera réservé, à la fin de la réunion sur l'« Affaire Kerviel : que dit elle de nous et de la société ?», au premier trimestre 2015 pour approfondir l’éthique de la relation à l’argent.

La séance se termine avec une lecture de : Ecclésiaste 31 ; 5-11 à méditer. Qui a pu transgresser et n’a pas transgressé, Faire le mal et ne l’a pas fait, ses biens seront fermement établis. Et l’assemblée publiera ses aumônes.

La prochaine réunion aura lieu mercredi 12 novembre à 20 h à Montignac sur le thème : "Voisinage et tolérance" avec J.M. Bouygues, ethicien.

- Site internet ARES


Photo. Le 15 Octobre à Bersac : la réunion avait pour thème « socialisation de nos enfants » avec le Dr J.Louis Poitevin (pédopsychiatre) devant 54 participants. Un exposé du Dr Poitevin a précédé une libre discussion animée par les nombreux parents, les professionnels et les enseignants présents. «Parallèlement au développement de l’enfant s’effectue le développement progressif de l’indépendance qui conduit finalement à la socialisation ». La socialisation est une composante essentielle de l’humanisation. C’est la capacité d’aller à la rencontre des autres, d’entrer en relation avec d’autres personnes et d’acquérir la capacité de s’adapter (puis de participer) à la vie de la Cité après avoir incorporé les codes des relations et des valeurs du milieu de vie.

Des stades et niveaux de relation successifs. Les stades sont repérés comme des signes, des témoins d’une acquisition psychique et d’un niveau de relation plus mature. La période où ils se révèlent est variable et plus ou moins durable, les dates indiquées sont habituelles mais non obligatoires.

Dés le début de la vie humaine, dés la naissance, se tissent des liens, essentiels pour le futur, entre la mère et le nourrisson qui « vivent dans une bulle, une union fusionnelle ». La mère a la capacité de s’identifier au nourrisson dont elle s’occupe particulièrement. Elle répond, suffisamment bien, aux pulsions du bébé (faim, proximité peau à peau…). Le lien devient puissant. Importance de la première tétée (Winnicot).

Le stade du 8° mois (« ou premier stade de séparation-individuation ou position dépressive »). Le nourrisson reconnait sa mère comme relation privilégiée et la distingue des étrangers ; il a peur de la perdre (« d’où une angoisse de séparation ») mais, avec des mots et des expériences heureuses, il comprend qu’il va la retrouver.

C’est le stade du « doudou » qui est un « objet transitionnel ». Ce doudou est une création de l’enfant utilisant un chiffon (ou autre nounours) associé aux odeurs, images, souvenirs de sa mère, lui permettant d’imaginer la présence affective de sa mère.

Si l’enfant de 8 mois va vers l’individuation, une aide, une assistance extérieure, est toujours indispensable matériellement et psychiquement.

Stade du sourire à 2 ans (« langage en cours d’acquisition »). « C’est le stade du NON bien connu des parents ». Période de mimétisme, imitation en particulier des parents. Les « non » du bébé sont la reproduction des interdictions des parents. C’est aussi le stade de la manipulation des objets et du langage, «  le plus important et riche symbolisme ». Importance ++ des jeux, de la création pour l’éducation de l’enfant (stade du sourire et suivant). La relation avec la mère est toujours privilégiée. Quand il y a délégation d’éducation (scolarisation ou entrée en crèche) la relation affective à la mère (et au père) reste indispensable.

4 ans le stade de « l’œdipe ». C’est le passage à la relation à 3 (mère-enfant et père), la triangulation. La relation à la mère n’est plus exclusive, l’autre (le père) est reconnu comme un rival affectif. Une bonne relation affective entre père-enfant, mère-enfant et père-mère est indispensable pour dépasser ce conflit (normal et maturant). L’enfant se crée une réalité intérieure différente de la réalité du monde extérieur. Il y a un conflit entre les désirs et la réalité. L’enfant perd l’illusion de toute puissance. « C’est une période propice aux angoisses (phobies, somatisations ou obsessions) et/ou à l’agitation ».

Phase de latence entre 5 et 11 ans : phase d’éducation intense ; l’enfant doit intégrer les interdits, en particulier la Loi familiale. Il doit progressivement maitriser ses pulsions. Les parents ont obligation de dire des « non », accompagnés de paroles. C’est le temps des rites, des jeux, des bandes… Il est important que les acquis soient accompagnés de relations affectives avec les parents (ou substituts) et que, si possible, « enfant et parents construisent quelque chose ensemble ».

Puberté avec maturation sexuelle et début de l’indépendance/autonomie. Les relations se font particulièrement avec l’extérieur, les amis. Il engage ses propres expériences, hors du contrôle parental, sous sa propre responsabilité.

Des troubles de la relation aux autres ou à la réalité. A chaque stade de développement correspond un mode de relation. La relation évolue progressivement d’une fusion à une relation à 2, puis à une relation avec un tiers. Cela permet la socialisation avec des relations à l’autre apaisées. Il peut y avoir, à chaque stade, des déficits de relation ou des relations inadaptées. Ce n’est pas toujours le fait de la famille, qui ne doit jamais être culpabilisée, mais ce peut être les aléas de la vie (hospitalisation, maladie, séparations…). La thérapeutique est toujours la nécessaire introduction d’un tiers dans le couple enfant-mère. Cela permet une mise à distance, une dédramatisation d’une relation problématique.

Questions : Pourquoi et quand parler d’une angoisse du nourrisson, avant langage ? « Devant l’apparition de signes physiques : troubles du sommeil, anorexie… Cela a été mis en évidence devant les grandes carences affectives pendant la 2° guerre mondiale en Angleterre » ; Cruauté des groupes de jeunes (en particulier filles) ? «… comportement fréquent nécessitant un accompagnement serré des victimes, totalement rejetées et en danger » ; Isolement d’un enfant de 5 ans ? «nombreuses origines possibles : peut être une angoisse ?Il faut de toutes les façons lui proposer des activités, de jouer avec lui… » ; « il est très utile qu’un enfant ait des moments de solitude pour construire, imaginer, fantasmer.. » ; Problème d’une société agressive, formatant les enfants, avec jeux informatiques hyper violents ? Danger des réseaux sociaux ? « C’est le danger du virtuel et d’une excitation constante. Il existe des addictions fréquents aux jeux. Exemple d’un enfant… qui a ruiné sa mère en se servant de la carte de crédit pour payer ses jeux. Ce peut être un refuge pour échapper à un manque de parole familiale.. » ; parole de la salle : « il faudrait éliminer toutes les xxx qui vendent ces incitations au crime pour de l’argent » ; Fusion exagérée à la mère. Part de la mère ? « Très importante place des désirs de la mère (emprise, anxiété, projets…) ; elle a besoin d’un tiers pour mettre au jour ses problèmes » ;  Que penser du QI ? « C’était le tout début de la psychologie. C’est évolutif, juste une photo de l’instant ». Des étapes sensibles : L’entrée en maternelle, l’entrée au CP et l’entrée au collège sont des épreuves. Enfants qui pleurent à la rentrée ? « C’est le problème de la dé fusion mère/enfant. C’est pareil que les pleurs nocturnes. » Les dangers de l’entrée au collège. Présence de groupes, pas toujours bienveillants ; de différents dealers : « Attention à la tentation, à l’effet de groupe ; il est essentiel de premièrement poser des limites, deuxièmement conserver un dialogue familial » «  on peut également s’efforcer d’orienter le choix des relations de ses enfants » (parole de la salle) ; Comment aider les ados ? » Il existait des rites, des étapes dans la vie d’un jeune : le baptême, l’entrée à l’école, la communion, le conseil de révision, le service armé.. etc. Cela était utile, les jeunes ayant besoin d’un sentiment d’appartenance ; qu’ils vont d’ailleurs chercher dans des groupes, des bandes (punks, gothiques…) avec plus ou moins de profit » ; Sauter une classe ? La réponse a été laissée aux enseignants : »C’est une mauvaise chose, généralement. Un bon élève s’épanouit avec des enfants de même maturation affective (et d’ailleurs se renforcent en brillant). Il fait partie d’un groupe, sans rupture. C’est un choix où généralement les parents se font plaisir » ; Les hyperactifs ? « L’agitation est incontestablement plus fréquente dans les cours (approbation unanime des professionnels). Cependant il faut distinguer la pathologie (l’hyperactivité/troubles de l’attention), d’une agitation simple. Le diagnostic est trop souvent porté (marketing d’un laboratoire ayant commercialisé le produit indiqué) » ; Les addictions des jeunes ? « Plus grande fréquence inquiétante de l’intoxication au cannabis et des nouvelles formes d’alcoolisme (binge-drinking ou biture-express) ; Evolution de la sexualité ? « Tout le développement de l’enfant et sa socialisation sont de la sexualité (Freud). A ne pas confondre avec la génitalité. Les mœurs semblent constantes avec les jeux du « Docteur » ou « papa-maman ». Cependant l’intrusion et la diffusion d’images pornographiques peut poser problèmes nouveaux. Trop grand problème pour temps restant » ; Construction d’une personne et société: La socialisation de l’enfant est bien sûr dépendante de la société où il vit, de la culture de ses parents et de la manière de lui présenter le monde, des « interdits de toute société civilisée ». Il doit, de plus, abandonner la toute puissance et accepter les règles de vie qu’on lui enseigne. Mais toujours considérer qu’ « un enfant insupportable est un enfant souffrant, à comprendre et à aider ». Par ailleurs, les parents ont le droit de critiquer ou s’opposer à des principes ou pratiques de la société qui perturbent ou empêchent la socialisation de leurs enfants : la violence, le matérialisme, le consumérisme…

Et pourtant, malgré tous ces obstacles, avec l’amour de leurs parents, du bon sens et de la logique, la plupart des enfants vont heureusement bien !

Questions éthiques et sociales.
Les parents sont des modèles. Développement et socialisation sont très dépendants des relations affectives. Ne pas hésiter à faire entrer un tiers (thérapeute) dans la relation si problème.

Concilier épanouissement maximum de l’enfant et bien commun.
Ne pas oublier que l’enfant est une personne, un Autre… même pour ses parents. Respecter sa singularité sans rien attendre en retour...





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