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03
Oct
2018

Francine Bourra : une rentrée à plein régime

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EWANews - Portraits

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Francine Bourra, à la fois élue, dirigeante d'entreprises et présidente de l'AIT, qui est aussi passionnée de sports mécaniques, se prépare à une rentrée à plein régime et sur tous les fronts, le secteur économique en tête. Car les turbulences ne manquent pas dans divers dossiers sensibles comme les papeteries de Condat ou encore les nouvelles directives en matière de formation professionnelle... Sur le terrain, elle comprend bien que tout le monde ne perçoit pas son rôle exact. On la prend pour "la suppléante, la remplaçante, la secrétaire, l'assistante, je suis mangée à toutes les sauces" reconnaît-elle. Après être restée aux commandes durant tout l'été et ne pas avoir pris de vacances depuis quatre ans, l'élue regarde devant...

Depuis mars 2015, Francine Bourra est conseillère départementale aux côtés de Dominique Bousquet sur le canton du haut Périgord noir (*). C'était une nouveauté de confier cette mission à des binômes femme-homme et l'élue a relevé le défi avec succès, surmontant les difficultés au jour le jour. Il n'est sans doute pas facile, en effet, de se faire une place aux côtés de "mammouths" de la politique qui sont engagés depuis des années. Alors, elle explique : "il faut apprendre à jongler pour s'organiser, tant il y a de rendez-vous où notre présence à tous les deux est indispensable. Mais l'intérêt majeur de notre binôme, outre l'expérience passionnante qui est en fait un grand apprentissage de la vie politique au plus près de la réalité territoriale, c'est notre complémentarité, entre les deux champs politique et économique, où nous sommes chacun plus spécifiquement investis".

Certes, il y a une différence entre la saison d'été et le reste de l'année, selon l'élue qui explique : "l'été c'est un peu plus festif. On parcourt les manifestations, des fêtes aux marchés gourmands, et cela permet de rencontrer des gens qui ne viendraient pas nécessairement nous voir à nos permanences, qui n'osent peut-être pas, et ils peuvent ainsi nous poser leurs questions. A la rentrée, des dossiers importants vont devoir avancer, et il faut regarder ce que l'on peut faire pour notre beau territoire et pour soutenir la ruralité qui en a bien besoin".

Conseillère départementale aux 3 casquettes

Sur le plan professionnel, Francine Bourra est dirigeante de deux entreprises : STI (Soudage Technique Industrie), qui offre de la formation dans le domaine de la soudure au Lardin, et où le premier trimestre de l'année scolaire est particulièrement intense ; et T2S (Travaux Spécifiques Soudage), qui propose des prestations de soudures à Terrasson, essentiellement pour l'aéronautique. Pourtant, elle reconnaît qu' "avant l'âge de 40 ans, je n'aurais jamais pensé diriger une entreprise !" Elle s'est en effet lancée dans ce projet à la suite de la cessation d'activité de l'Institut de Soudure où elle a été responsable du site pendant onze ans.

Francine Bourra est également présidente de l'A.I.T. (l'Association Interprofessionnelle du Terrassonnais) qui regroupe plus de 80 chefs d'entreprises sur un territoire élargi, de Limeyrat à l'entrée-ouest de Brive en passant par Hautefort et Terrasson. Elle a pris la succession de Joël Blondel en 2016 et se donne sans compter pour que les entreprises de ce secteur communiquent et s'entraident. "On va reprendre les visites d'entreprises dès le mois de septembre, on a encore beaucoup d'entreprises très intéressantes à découvrir sur notre territoire comme on a pu le voir jusqu'à présent et on va remobiliser notre petite équipe qui fonctionne bien," dit-elle. Son rôle à l'A.I.T. n'est pas facilité par son rôle d'élue. Au contraire même. De ce fait, elle cloisonne chaque responsabilité. "Quand je suis à l'AIT, je suis chef d'entreprise, pas élue" dit-elle clairement.

Issue d'une famille d'exploitants agricoles, mariée en 1990 et mère de deux enfants de 24 et 20 ans, elle est diplômée d'un DUT de gestion. C'est en tant qu'étudiante qu'elle devient présidente de sa première association "Cap Japon" avec laquelle elle a dévéloppé des relations fécondes avec des entreprises japonaises, notamment sur des questions de management. Puis, elle travaille deux ans aux papeteries de Condat au service RH (ressources humaines) et ensuite dans une menuiserie industrielle de Montignac, avant de rejoindre l'Institut de soudure du Lardin. Quand celui-ci ferme en 2012, elle décide alors, avec un de ses collègues, de reprendre l'entreprise de formation.

Sur un plan social, elle s'investit durant 15 ans comme présidente de l'Amicale Laïque locale pour organiser des sorties scolaires et des voyages pour les enfants. Déjà par goût pour l'entreprise, elle innovait en organisant des visites pour les enfants dans les usines locales, à une époque où ce n'était pas encore interdit pour les moins de 14 ans. Elle se souvient de la réussite de la soirée d'élection d'une Miss Le Lardin qu'elle a eu le plaisir d'organiser avec le comité des fêtes et qui avait accueilli 900 personnes à la salle des fêtes et au gymnase, alors qu'elle était conseillère municipale.

Son premier mandat d'élue a duré 13 ans auprès de l'ancien maire du Lardin Jean Paul Gardet. Son plus beau souvenir restera d'avoir pu ouvrir, avec deux autres élues, la crèche du Lardin contre vents et marées... "Beaucoup n'en voulaient pas, alors qu'aujourd'hui elle est pleine et il faudrait même l'agrandir" dit-elle. Là encore, ce service touche directement les jeunes parents qui oeuvrent dans les entreprises locales.

Quand Dominique Bousquet, maire de Thenon et président de la communauté de communes du Terrassonnais, lui a proposé d'être en binôme pour l'accompagner dans son élection au conseil départemental, Francine Bourra a pris le temps de la réflexion pour finalement accepter. De plus, Francine Bourra se sent proche des idées du leader des Républicains en Dordogne. "Mais je ne suis pas une politicienne. Moi, je travaille pour le territoire. Au niveau économique, je veux que ça avance" dit-elle avant de préciser que "l'étiquette n'a rien à voir avec la personnalité". L'élue souligne par ailleurs que "la gauche n'a pas le monopole de la politique sociale".

Des dossiers chauds

Du côté des dossiers en cours, celui des papeteries de Condat devrait avancer en septembre. Selon elle, "il faut chercher une autre solution que la biomasse, mais en attendant, il faudrait donner une dérogation pour utiliser l'énergie fossile durant 4/5 ans, le temps que l'on trouve une solution de substitution, un mode d'énergie renouvelable. Une enteprise ne peut pas changer son mode énergétique comme cela, du jour au lendemain. Quant à l'hydrogène, il faut encore 30 ans pour industrialiser ça". La balle est aujourd'hui dans le camp du gouvernement.

Parmi ses réussites, elle a participé à l'implantation de l'entreprise Mlle Dessert à Thenon. Elle raconte : "Lors d'une réunion avec les responsables qui annonçaient un investissement de 6 M€ avec 30 emplois à la clé, la région n'apportait que 200.000 euros, qui n'étaient en plus pas sûrs. Nous avons dû rattraper cette entreprise qui partait s'installer en Touraine et organiser différentes rencontres avec les élus régionaux et départementaux afin de touver un compromis". Du côté des routes, l'élue a plaidé pour la restauration du pont de Sainte-Eulalie-d'Ans qui, "sur un coût total de 317.000 euros HT, n'a finalement coûté à la commune que 37.000 € HT".

Lors de ses interventions aux réunions du conseil départemental, l'élue a demandé, suite à la fermeture de l'aéroport de Périgueux le 1er juillet dernier pour raisons économiques, un rapprochement avec l'aéroport de Brive et notamment une navette en bus entre Périgueux et Brive. "Il s'agit de mutualiser les moyens, et cela aiderait l'aéroport de Brive" dit-elle. C'est par ailleurs vers Brive que la présidente de l'AIT souhaite élargir le champ d'action de son association car, dit-elle, "c'est un bassin de vie".

Francine Bourra est intervenue sur d'autres sujets, mais sa priorité reste l'économie, même si le département n'a plus la compétence économique, sauf pour l'agro-alimentaire, le bois et la pêche. Elle fait partie de la commission routes, transport et fibre optique qui arrive en terrassonnais "fin 2018-début 2019". "La moitié du budget du Département passe dans le social et je n'ai pas peur de dire que nous sommes, nous élus, des assistantes sociales. Je dis souvent que je n'ai pas la baguette magique, je fais ce que je peux. C'est parfois 15 coups de fils pour un seul problème, c'est compliqué aujourd'hui. Sur ce versant social, j'ai d'ailleurs bien été formée par Dominique Bousquet".

"Quand je m'investis, je le fais à fond"

Le fait d'être une femme lui permet de porter parfois un autre regard sur les problèmes. "J'apporte aussi mon point de vue côté entreprises, je suis d'ailleurs la seule élue chef d'entreprise femme" parmi les conseillers départementaux.

A la question : beaucoup d'élus apprécient d'être maire, pensez-vous vous présenter un jour à d'autres élections, elle répond : "J'ai beaucoup de casquettes, mais je ne ferme pas la porte. Quand je m'investis, je le fais à fond, et je n'irais pas, si je ne peux pas m'y consacrer pleinement".

Devant toutes ses activités, on a envie de lui demander quels sont les conseils qu'elle donnerait en matière de gestion du temps, sachant qu'elle est aussi mère de famille...  "Maintenant, ils sont grands (les enfants). Et puis, quand j'étais élue, j'ai embauché une assistante et un commercial à l'entreprise. Il faut se structurer et avoir des gens sur lesquels on peut s'appuyer, tout en gardant un oeil bien sûr, et je me dois d'être présente. Je suis au bureau tous les jours, même en août. Cela fait quatre ans que je n'ai pas pris de vacances. J'ai une capacité de travail qui me permet d'aller très vite..." Du côté de son engagement politique, sa priorité est de "rendre service aux gens et d'être quelqu'un, j'espère, sur qui on peut compter. Mais on a très peu de moyens, on essaie de faire le maximum avec le minimum".

L'élue pense que le cumul des mandats au niveau territorial n'est pas forcèment à proscrire. "Cela nous permet d'avoir une vision globale, très importante" dit-elle. Son modèle, son exemple à suivre, c'est celui de "Simone Veil, un parcours extraordinaire"... "Je dis toujours à mes salariés : ils ont des objectifs, des horaires certes, mais cela peut être souple pourvu que l'objectif soit atteint. On reçoit des autres ce que l'on a donné. C'est mon management d'entreprise. J'ai deux salariés qui sont revenus travailler avec moi, et cela fait plaisir".

Son rêve serait de faire du rallye-cross... "Mais je n'ai absolument pas le temps et les moyens. J'aime beaucoup la vitesse et le sport automobile. Et rouler en quad me permet de retrouver des sensations. J'apprécie beaucoup le rugby aussi, le CAB et l'USV, et j'ai ma fille qui joue au Lardin et qui a été championne d'Aquitaine et du Périgord-Agenais. Voilà mes deux passions quand j'ai un peu de temps".

Les lieux incontournables qu'elle aime faire visiter à ses proches ? "Il y en a tellement, on en découvre tous les jours. La Dordogne est un très beau département. Bien sûr du côté de La Roque Gageac, de Domme... le diamant noir du Périgord. Et ici, j'aime beaucoup Ajat, le château d'Hautefort, St Amand de Coly, les petits villages qui ont une histoire, et la ville de Terrasson qui a été particulièrement embellie."

Enfin, elle avoue "être têtue et obstinée", c'est sans doute ce qui contribue à son efficacité avec le moteur d'enthousiasme que lui donne sa passion d'agir... "Dans le boulot, on dit dynamique, réactif et compétent. Je ne suis pas souvent à la maison. Si j'avais eu des enfants en bas-âge, je n'aurais jamais pris autant d'engagements. Mais c'est un challenge, certes prenant mais passionnant. Et qu’y-a-t-il de mieux que de faire ce que l'on aime tout en rendant service au territoire et à ses habitants ?"

Propos recueillis par Alain Rassat

- Photo (3) : Francine Bourra arrive en quad devant son entreprise

- Site internet de l'AIT : https://a-i-ter.com

- (*) L'actuel canton du Haut-Périgord Noir (en 2018) comprend les 34 communes suivantes : Ajat, Auriac-du-Périgord, Azerat, La Bachellerie, Badefols-d’Ans, Bars, Beauregard-de-Terrasson, Blis-et-Born, Boisseuilh, Le Change, La Chapelle-Saint-Jean, Châtres, Chourgnac, Coubjours, Fossemagne, Gabillou, Granges-d’Ans, Hautefort, Le Lardin-Saint-Lazare, Limeyrat, Milhac-d’Auberoche, Montagnac-d’Auberoche, Nailhac, Peyrignac, Saint-Antoine-d’Auberoche, Saint-Rabier, Sainte-Eulalie-d’Ans, Sainte-Orse, Sainte-Trie, Teillots, Temple-Laguyon, Thenon, Tourtoirac et Villac. Les conseillers départementaux sont, sur ce canton, Francine Bourra et Dominique Bousquet.

- De son côté, l'actuel canton de Terrasson-Lavilledieu comprend les 27 communes suivantes : Archignac, Borrèze, Calviac-en-Périgord, Carlux, Carsac-Aillac, La Cassagne, Cazoulès, Coly, Condat-sur-Vézère, Les Coteaux-Périgourdins (Grèzes-Chavagnac), Ladornac, La Feuillade, Jayac, Nadaillac, Orliaguet, Paulin, Pazayac, Peyrillac-et-Millac, Prats-de-Carlux, Saint-Crépin-et-Carlucet, Saint-Geniès, Saint-Julien-de-Lampon, Sainte-Mondane, Salignac-Eyvigues, Simeyrols, Terrasson-Lavilledieu et Veyrignac. Les conseillers départementaux sont, sur ce canton, Régine Anglard et Michel Lajugie.

 




NOS PARTENAIRES :
Communauté de Communes du Terrassonnais en Périgord noir-Thenon-Hautefort ; Terrasson-Lavilledieu ; Montignac ; Pazayac ; Beauregard-de-Terrasson ; Badefols d'Ans ; Condat-sur-Vézère ; La Bachellerie ; Le Lardin-Saint-Lazare  ; Saint-Rabier ; Thenon ; Peyrignac ; Cublac ; La Feuillade ; Chavagnac ; La Cassagne ; Châtres ; Coly ; Grèzes ; Aubas ; Villac ; Azerat ; Ladornac ; Tourtoirac
Conseil Départemental Dordogne