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Sylvain Floirat : un destin hors du commun

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EWANews - Portraits

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Sylvain Floirat, parti de rien, est arrivé 3e fortune de France, au milieu du siècle dernier. Un livre retrace le parcours de cet homme d'affaires qui a bâti un empire et qui, amoureux du Périgord, revenait  vivre le week-end entre Hautefort et Brive, à la fin des années 50 et jusqu'au début des années 90. Il est devenu l'un des plus importants industriels de France, tout d'abord avec les autocars Floirat (1936), puis par l'aviation avec Aigle-Azur (1946-1955 avec 64 avions qu'il revend 3 milliards de francs) et Bréguet (aéronautique en 1955, jaguars, revendue à Dassault en 1967), Europe 1 (station de radio en 1956-fusionnée en 1977 à Hachette), Matra (sport-auto, armement, missiles, satellites), et l'hôtellerie de luxe (*) qui seule reste à ses descendants. Parmi ses nombreuses distinctions, on notera celle de Grand officier de la Légion d'honneur. Il a joué un rôle de premier plan au sein de 90 entreprises. Que de chemin parcouru pour ce jeune de Nailhac né en 1899, qui obtient son certificat d'études à 12 ans, débute apprenti carrossier-charron, puis part à Paris à l'âge de 15 ans et prend des cours du soir en dessin industriel et comptabilité !

Le Périgord lui doit beaucoup. Il fut maire de Nailhac de 1959 jusqu'à son décès en 1993. Il crée la Fondation pour l'Avenir du Périgord en 1962 pour relancer la culture moderne de la noix, la pomme et la truffe, et permettre à des agriculteurs et artisans de toucher des bourses. Il a été président de la CCI de Dordogne. A Nailhac, sur la place qui porte son nom, la maison natale de Sylvain Floirat est devenue la mairie. Son temps fut bien partagé entre la province et Paris où son épouse était très attachée à Montmartre, mais il était aussi amateur de grandes chasses en Sologne.

Le livre de 460 pages édité par Hautefort, Notre Patrimoine (HNP), propose un descriptif chronologique de la carrière de Sylvain Floirat et rend hommage au Périgourdin. Accompagné d'un DVD, l'ouvrage sera publié le 6 août (**). Sa préface est signée par le journaliste Pierre Bonte qui souligne la richesse d' "une existence rocambolesque". Des documents mais aussi des témoignages (***) ont été rassemblés par l'association HNP dont Michel Massénat est le président.  Le DVD de 45 mn réunit des extraits d'émissions télévisées de 1967 à 1970, et des discours d'inauguration. Le manque d'archives sur cette personnalité s'expliquerait par le fait qu'il n'y a plus de descendants demeurant dans la région. HNP a donc souhaité, à travers cet ouvrage, remédier à cette lacune. C'est un choix courageux qu'il faut reconnaître à cette association. Certains sujets étaient sensibles autour de Sylvain Floirat, comme l'affaire dite des "Piastres" en Indochine qui avait fait couler beaucoup d'encre à l'époque.

A Terrasson, Sylvain Floirat avait construit son Rush Hôtel (aujourd'hui la maison de retraite des Quatre Saisons face au stade de rugby). Il circulait alors dans une DS noire avec chauffeur. Il rencontrait régulièrement son ami Edouard Feuillade qui tenait la concession Citroën de Brive, et le notaire de Cublac Me Mauranges. A Coly, il a tenté de faire pousser des chênes truffiers (il était président national des producteurs de truffes). A Essendieras (près de Cherveix-Cubas), il investit dans la pomme. Toujours prêt à entreprendre de nouvelles affaires, il avait un sens aigu de ce qui est économiquement rentable. Selon l'un de ses amis, il aurait eu pour devise : "le premier sou gagné, c'est le premier sou économisé".

Sur le plan politique, son coeur se portait vers Jean Charbonnel, Jacques Chirac et Yves Guéna. Il s'était dressé avec Jean-Luc Lagardère contre la nationalisation de Matra en 1981. Jacques Chancel lui consacra une émission Radioscopie en 1970. Ce fut un homme d'envergure, difficile sans doute à cerner dans tout ce qui constitua sa vie, mais dont les actions appelaient une reconnaissance publique. AR

- (**) Soirée de lancement officiel du livre jeudi 6 août 2015 à 20h30 à Nailhac (24) avec projections vidéo et vente-dédicaces. HNP sera présent au "Livre en Tête" à Saint-Rabier le dimanche 9 août. Et ce sera également le dimanche 16 août à Nailhac lors de la Fête de la Noix.

- (***) Les témoignages dans le livre sont signésRoger Clergerie, Mme Séguy de Coubjours, Paul et Anne Borie, Paul Larue, Jean Cheyrou, M. et Mme Paul Faure, Marie-Jeanne Cusset-Andreau, Colette Pompougnac, Marie-Christine Cluzeau, Michel Joffre, Ulysse Tallet (qui promena, en juin1969, une truie truffière aux Champs-Élysées pour la promotion de la Dordogne souhaitée par l'industriel), Jean-Pierre Malon et Véronique Dubeau-Valade, maire de Couze-et-Saint-Front

- (*) Byblos à Saint-Tropez et Groupe Floirat qui représente aujourd'hui 30M€ de CA dirigé par son arrière-petit-fils Antoine Chevanne. En 2006 : nomination d’Antoine Chevanne en qualité de Directeur Général Exécutif du Groupe Floirat. En 2009 : obtention d’une 5ème étoile pour le Byblos Saint-Tropez. En 2009 : ouverture du Black Legend à Monaco. En 2010 : obtention d’une 4ème étoile pour La Réserve de Saint Jean de Luz. En 2010 : ouverture du deuxième hôtel 4* du groupe, Les Manoirs de Tourgéville (Normandie), ancien Club 13 de Claude Lelouch, agrandi et totalement rénové. En 2012 : attribution de la distinction Palace au Byblos de Saint-Tropez, et ouverture du restaurant RED à Monaco...

- Photo 1 : Sylvain Floirat (reportage France 5 à revoir ici sur telesatmedias.com, où l'on parle de Sylvain Floirat à 7'30)

- Photo 2 : l'équipe de Hautefort Notre Patrimoine qui a publié l'ouvrage en mémoire à Sylvain Floirat

- Photo 3 : Source Europe 1 - 60 visages pour les 60 ans de la radio : de gauche à droite Daniel Filipacchi animateur de la célèbre émission "Salut Les Copains", Sylvain Floirat et Jean-Luc Lagardère

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- A lire aussi : "L'incroyable destin de Sylvain Floirat" par Michel Pitout dans Sud-Ouest le 24 août 2015.

- "Monsieur PDG" sur Ina.fr, interview télévisée de 1967 (3 mn gratuit).


- Article du journal Les Echos de mars 1993 : "Sylvain Floirat est mort" (ou à lire ci-dessous)

LES ECHOS | LE 16/03/1993. Avec la disparition de Sylvain Floirat, dont la route croisa à plusieurs reprises celle de Marcel Dassault, un autre pionnier comme lui, c'est une page de l'histoire industrielle française qui se tourne. Fils de facteur, apprenti charron, Sylvain Floirat a bâti un énorme empire industriel avec son seul certificat d'études en poche et à partir d'un simple atelier de carrosserie. C'est l'essor des moyens de transport terrestre et aérien qui va faire sa fortune. Il se lance d'abord dans les autocars en montant des lignes d'autobus vers la côte d'Azur et les Pyrénées, puis fonde à la Libération la compagnie d'aviation Aigle-Azur, avec des liaisons Paris-Nice et des vols vers le Maroc, la Tunisie et l'Indochine. En 1955, il vend sa flotte aérienne à la société Chargeurs Réunis pour le montant gigantesque - à l'époque - de 3 milliards de francs. Cet énorme capital lui permet alors d'intervenir dans des entreprises en difficulté, notamment chez Breguet-Aviation qu'il rachète en 1955 et dont il restera président jusqu'en 1967. La firme amènera dans la corbeille de mariage, lorsqu'elle sera fusionnée en 1971 avec la Société des Avions Marcel-Dassault, deux programmes réalisés en coopération dont les noms continuent à faire l'actualité : les avions de transport Atlantique et les chasseurs Jaguar.

En 1955, Sylvain Floirat rachète, pour 500 millions de francs, à la demande du gouvernement, une radio en difficulté, RBV-Radio-Industrie, dont il fera Europe 1. C'est probablement l'activité dans laquelle il s'investira le plus : de 1957 à 1981, il est président délégué, président d'honneur, administrateur et conseiller financier d'Europe-Images et Son, société anonyme monégasque et société mère du groupe Europe 1.

En retraite à 74 ans

En 1957, il s'associe à son ami Marcel Chassagny, fondateur de la Société des Engins Matra et en devient le vice-président. En 1966, il entre dans le capital de la Compagnie Française de Télévision, qui développe le système Secam. A l'âge de 74 ans, il commence à se retirer des affaires en prenant Jean-Luc Lagardère pour dauphin du groupe Europe 1 et de Matra. Il continue cependant ses activités dans l'hôtellerie de luxe avec les trois établissements Byblos dont il était propriétaire à Saint-Tropez, Courchevel et Malaga. Il continue malgré tout à suivre de près les destinées de ses groupes. Il négocie ainsi particulièrement bien l'avenir de Matra en 1981 avec la gauche fraîchement arrivée au pouvoir. La firme ne sera nationalisée qu'à 50,09 %. Le groupe Floirat, qui rassemble toutes les participations de Sylvain Floirat, est l'un des principaux actionnaires du nouveau groupe Matra-Hachette. Il détient 14 % d'actions et 15 % des droits de vote de Lagardère Groupe, ex-MMB. La disparition de Sylvain Floirat ne changera rien à cette situation, affirmait­on hier au siège du groupe. La famille a déjà commencé à prendre le relais, notamment son petit-fils, Sylvain Chevanne, qui le remplaçait depuis décembre dernier dans tous les conseils d'administration.

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