La disparition du botaniste Francis Hallé à l’âge de 87 ans… L’ardent défenseur des forêts tropicales primaires, est mort le 31 décembre à Montpellier. Il était venu au 5e festival du film Documen’Terre de Montignac en 2013 consacré à l’arbre et à la forêt, pour présenter le film de Luc Jacquet, « Il était une forêt ». « Pour ce passionné des arbres, c’était le film du voyage de toute une vie. Un film réalisé avant qu’il ne soit trop tard ! Avec 13 millions d’hectares qui disparaissent chaque année, les forêts sont toutes menacées…
Quand j’ai commencé à travailler dans les années 60, il y avait des forêts primaires partout. Personne n’aurait cru que ça allait disparaître dans 50 ans ! » A l’écran, Francis Hallé est perché dans ces arbres immenses qui ont un, deux, trois milliers d’années, un carnet de dessin à la main. « Etre en haut d’un arbre, c’est un bonheur immense » affirme le botaniste. Le spectateur se laisse alors guider dans cet univers végétal incroyable où la surprise viendra non seulement des images mais aussi des messages. « A chaque instant, j’ai été émerveillé par les capacités des grands arbres, à vivre immobile. Combien de fois ces êtres de bois ont mis au défi ma propre intelligence ? » disait-il. Selon lui également, « l’arbre domine la forêt », et pas seulement visuellement… Selon lui, « les animaux sont même au service des arbres » !… Il encourage alors la salle : « allez voir la forêt. Ceux qui l’auront vu ne supporteront plus l’idée que l’on puisse la détruire ». Le botaniste passionné gardait cependant un espoir avec un peu d’humour : « une forêt primaire pourrait cependant se reconstituer. Mais il faudrait qu’on lui fiche la paix pendant sept siècles ! »
Photo d’archives Ewanews 2013 : de gauche à droite M.H. Saller, J. Cabanel, Francis Hallé et L. Mathieu







