Pour leur dixième édition, les Nuits de la Lecture 2026 centrées sur le thème « Villes et Campagnes » ont inspiré à la Médiathèque de Terrasson deux soirées très conviviales les 23 et 24 janvier, dédiées à la mémoire de Régis Delpeuch, récemment disparu et qui a laissé de profonds liens de reconnaissance et d’amitié lors de ses différentes interventions à la Médiathèque notamment auprès des collégiens et lycéens.
La première soirée, malheureusement peu fournie en public,-contrairement à la deuxième-, a proposé une dizaine de lectures par les membres du Cercle de lecture de Terrasson. Les morceaux étaient bien choisis pour savourer comment se regardent, ou s’imaginent littérairement, villes et campagnes. Des extraits de « Dans la douce chair des villes » de Marie Rouanet, de « L’année rustique en Périgord » d’Eugène Leroy, ou de « Cité de mémoires » d’Hervé Le Tellier, et « Panorama » de Lilia Hassaine… pour ne pas tous les citer, ont proposé aux auditeurs leurs approches intimistes ou distanciées et ce fut un temps d’écoute très agréable, les textes appelant beaucoup de perceptions visuelles et sonores. La sensualité et la force des poèmes de Marcelle Delpastre, ont magnifiquement conclu ce moment.
L’exercice de Dictée, générée par IA, « Entre bitume et bruyère », avec deux niveaux de difficultés entre première et deuxième partie, cette dernière rafraichissant l’usage du subjonctif imparfait ou plus-que-parfait, a bien intéressé la douzaine de participants restés s’y colleter, et qui n’ont pas démérité !
Pour la soirée du 24 janvier avec Daniel Chavaroche, conteur du festival Le Lébérou, bien connu en Périgord Noir, près d’une centaine de personnes se sont laissées prendre par l’irrésistible voix du conteur faisant revivre « Lou Païs », le terroir de son enfance, entre Grande Beune et petite Beune, aux environs de Sarlat et de Commarque. Emaillées de chants occitans, et de paroles en langue d’Oc, ces histoires donnent chair à ce terroir périgourdin unique à travers des personnages aussi différents et uniques que Marius, le garçon d’auberge à tout faire, loué à huit ans par le Bichon et l’extravagante Bichonne ; Kien, « l’annamite déporté au travail forcé du marais pendant la dernière guerre et devenu héros de la Résistance » ; ou Lia, la vieille femme venue chercher des roseaux et du vime pour fabriquer ses paniers et qui conte aux gendarmes qui a tué le jeune garçon trouvé mort sous Commarque, près du ruisseau….
Beaucoup de simplicité, d’humanité et d’humour, cela fait du bien dans le chaos tragique du monde actuel… Merci à Carol Mazel et à toute l’équipe de la Médiathèque de Terrasson, ainsi qu’aux divers intervenants lecteurs, et à Daniel Chavaroche.






