Le maire sortant de Condat-sur-Vézère (24) se représente aux municipales 2026 les 15 et 22 mars. Interview vidéo du mercredi 5 février 2026…
Ewanews. Bonjour Stéphane Roudier. Est-ce que vous souhaitez tout d’abord faire une déclaration comme quoi vous êtes candidat à votre propre succession ?
Stéphane Roudier : « Eh bien écoutez, c’est l’occasion oui effectivement, j’ai pris la décision en concertation avec des élus sortants de repartir pour un nouveau mandat, pour achever ce que nous avons lancé au cours de ce mandat et même à ce que nous avons initié au précédent mandat encore. L’idée c’est maintenant de valoriser tout ce qui a été mis en place et de porter des projets complémentaires qui vont toucher et concerner toute la commune et tous les habitants ».
Est-ce que l’on peut reparler de votre parcours d’élu, associatif pour les personnes qui ne vous connaissent pas ?
S.R. : « Oui, alors moi j’ai commencé en 2001 en fait en tant que simple conseiller. C’est Jean Demaison (ancien maire) qui m’a recruté et j’ai commencé à m’imprégner du rôle d’élu et des responsabilités qui pouvaient incomber à la fonction. En parallèle, j’avais des investissements dans le milieu associatif : j’ai lancé le premier club de marche nordique au niveau Aquitaine. On avait lancé un atelier de langues, de danse, de musique, grâce à la structuration de Condat animations. D’ailleurs, avec Patrick Chouzenoux, qui était notaire à l’époque, on avait repensé les statuts de fond en comble pour pouvoir permettre à cette association de porter des projets innovants pour Condat et son rayonnement. Ensuite, au fur et à mesure de ce mandat, je suis monté en compétences avec des formations et des prises de compétences à travers des mandats supplémentaires : vice-président du syndicat du bassin versant de la Vézère et vice-président de la communauté de communes. J’ai été sollicité également par la préfecture et l’Union des maires au niveau départemental pour représenter les collectivités territoriales notamment au niveau du CODERST et de la CDP9 par exemple ».
Vous avez eu un rôle aussi pour l’association pastorale libre ?
S.R. : « Oui, je suis également président de l’association pastorale foncière du Randal qui est une association également référente en matière de pastoralisme extensif, notamment sur la gestion des milieux, la protection des paysages, la lutte contre le risque incendie et ça aussi bien à travers le grand site de France Vallée Vézère qu’au niveau des actions portées par la préfecture. Et on a d’ailleurs des autorisations préfectorales spécifiques pour mener nos actions comme par exemple le brûlage dirigé parmi tant d’autres ».
Alors une question sur votre bilan, quels ont été les éléments importants qui ont été réalisés depuis que vous êtes élu ?
S.R. : « Alors on a quand même structuré la commune. Mon prédécesseur Jean-Demaison avait également travaillé à la structuration de la commune, à la préparation au niveau des défis à venir. On est sur une commune dont le bourg principal et les agglomérations, les zones urbanisées, ont tout un réseau d’assainissement, qui était, il y a 20 ans de ça, une innovation. Nous avons bien entendu le projet de la Commanderie où nous avons résolu un problème de salubrité de bien en état de péril qui menaçait de s’effondrer au-delà du volet patrimonial historique. On est vraiment sur la question sécurité et ça c’était aussi répondre à la demande des habitants de Condat ».
Quels sont vos projets, si vous êtes élu ?
S.R. : « Alors, on va poursuivre un certain nombre de trajectoires qu’on a démarré, parce qu’en parallèle du dossier de la Commanderie qui est un dossier important, et qui a nécessité de l’énergie et qui est assez chronophage, on a des projets d’accueil et de renforcement de l’attractivité de la commune avec la création d’habitat collectif proche des écoles plutôt dédié aux familles. On a un deuxième lotissement qui est en cours et là le géomètre travaille dessus et avec la commune qui se réserverait deux lots dans le cadre de l’habitat intergénérationnel. Puisque là l’idée, nous n’avons pas la compétence de créer de l’habitat pour les résidents seniors mais par contre on a cette possibilité de travailler sur ce lien et d’habitat intergénérationnel qui est à la portée de notre commune. Entre autres, on a également la question de l’agrandissement du hangar communal puisque qu’on s’est équipé de matériels. La commune ayant de nouveaux moyens, on a un besoin supplémentaire de stockage ».
La Commanderie, alors ça c’est votre projet phare. Est-ce que beaucoup de gens ne pourraient pas se poser si cela ne vous oblige pas à faire des priorités et donc à effacer des budgets qui pourraient servir ailleurs ?
S.R. : « Non, on a on a veillé justement à ce que le projet de la Commanderie n’impacte pas le fonctionnement et le fonds de roulement de la collectivité. C’est bien pour ça que tout à l’heure, j’ai évoqué des projets de lotissement. Tout ça c’est permis parce que justement on avait une réserve financière et une bonne gestion aussi qui a été réalisée, pas du fait que de mon mandat mais des mandats précédents, de mes prédécesseurs et d’ailleurs je les en remercie. Toutes les communes ne sont pas dans cette situation et grâce à cette gestion rigoureuse sur des années, sur des mandats, ça nous permet de mener de front plusieurs types de projets et à la fois de restaurer le site de la Commanderie qui sera lui-même source de revenus, parce que l’idée c’est bien ça, et puis l’État qui nous a accompagné a été vigilant sur le sujet. Aujourd’hui, on ne finance pas pour juste déverser de l’argent public sur un territoire. C’est aussi voir de manière transversale quelles sont les plus-values qui seront apportées par ce projet. Donc ça, là-dessus, on a coché toutes les cases puisque quatre banques ont frappé à la porte pour venir nous financer. On a été obligé de choisir la meilleure bien entendu et ça nous a permis d’ailleurs de négocier de très bons taux ».
Je crois que beaucoup de personnes ne se rendent pas compte de l’avenir, de ce que va apporter la Commanderie ? Bien sûr, il y a la rénovation du patrimoine, mais pas seulement ?
S.R. : « Oui, parce que c’est comme je disais, c’est vraiment un projet transversal. Aujourd’hui, on a reçu la convention qui est signée entre quatre offices de tourisme, quatre communautés de communes dont l’agglomération de Brive qui nous intègre dans le réseau où on deviendra même la tête de file de ce réseau hospitalier de la Vallée Vézère sur le plan touristique. Sur le plan économique, on reçoit encore dans 15 jours le sous-préfet de Sarlat avec qui on va aborder la question des ressources et des énergies renouvelables dans le cadre du moulin, mais aussi des circuits courts en redémarrant le moulin à farine, en travaillant sur des produits bio sourcés qui sont la coquille de noix en redémarrant les broyeurs de coquille de noix. Dans les annexes agricoles, là c’est pareil, restaurer les locaux professionnels où on commence déjà à avoir des demandes de location de ce bien pour profiter du site et de cette image. Oui il y a un gros gros potentiel qui va être mis à jour ».
Stéphane Roudier alors quelles sont les personnes par exemple concrètement qui seront concernées par la future Commanderie ?
S.R. : « J’aimerais dire que c’est un peu tout le monde. Ce sont déjà les habitants de Condat qui pourront s’y retrouver à l’occasion de fêtes, de repas de mariage ou familial, puisqu’on va aussi privatiser de temps à autre ce site pour pouvoir générer des recettes. Ce sera ouvert aux habitants, aux associations. Ça sera aussi un source une source d’attractivité puisqu’il y aura aussi le musée qui aura vocation de rappeler le patrimoine de la commune, de l’histoire de la Commanderie et aussi on aura une salle qui sera dédiée au co-working. C’est-à-dire que là, on va pouvoir avoir des jeunes et ce sont souvent des demandes, d’avoir des installations qui permettent de travailler. Cela permet de rompre l’isolement et généralement, on a des personnes qui ont des fonctions ou qui vont permettre des échanges relationnels aussi bien fructueux pour les uns et les autres et qui participeront à ces séances de télétravail ».
C’est un lieu qui pourra se louer à la journée, à la semaine, pour des personnes qui n’en ont pas besoin tout le mois ?
S.R. : « C’est ça. Aujourd’hui on peut travailler sur tous les sujets grâce à la fibre. Heureusement, nous sommes dotés de cet outil qui permettra d’accueillir et on a déjà des des ingénieurs qui travaillent et notre idée ce serait aussi d’accueillir des ingénieurs qui pourraient travailler à distance en s’éloignant des grosses agglomérations et pouvoir profiter du cadre condatois ».
Vous avez une autre casquette, tout le monde ne le sait pas, c’est vice-président de la communauté de commune chargé de la GEMAPI, les milieux aquatiques ? Cette responsabilité sert à toutes les communes, mais aussi la vôtre qui est concernée directement ?…
S.R. : « Alors, en tant qu’élu référent GEMAPI, donc gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations, on se doit d’être un modèle à suivre. Donc, je pense qu’on joue bien le jeu. Effectivement, que ça soit le Coly, un renforcement du Coly avec la renaturation de zones humides qui viennent soutenir l’étiage, pour limiter la sécheresse en été ou réserver les milieux humides, ce sont des enjeux d’avenir parce qu’on parle de vraiment de la ressource en eau. Quand l’agence de l’eau indique – 50 % d’eau en 2050, ça veut dire que là, on atteint même à la sécurité alimentaire en approvisionnement en eau potable. Même si on n’en est pas là, on est très loin, mais il y a des questions à se poser. J’ai souvent abordé la question du PTGE, le plan territorial de gestion de l’eau, qui rassemble à la fois les consommateurs, les syndicats de production d’eau potable, mais les irrigants, les agriculteurs, les services de l’État pour gérer cette ressource, cette masse d’eau qui est ressource souterraine, qui est difficile à quantifier mais qu’il faut utiliser avec vraiment une parcimonie et surtout une gestion de l’avenir et du risque de pénurie d’eau ».
On sait que aussi vous avez une autre casquette, que vous êtes très concerné par les risques naturels et technologiques ?
S.R. : « Oui, alors notre commune est au croisement et la confluence entre le Coly et la Vézère. Cela dit, on est déjà sur un site avec des rivières et des risques de crues. On a également des falaises, La Roche Chapelane, avec on le voit sur d’autres secteurs. Pour l’instant, on a été préservé mais les effondrements de falaises dû au changement climatique également, des fortes pluviométrie suivi de périodes très sèches, qui ont des conséquences. Donc je suis membre de cette commission qui permet d’avoir des visions prospectives et de veiller à la protection des populations sur le long terme. Pas sur la question d’une gestion immédiate des dossiers mais vraiment une protection sur le long terme ».
En plus, vous êtes en première ligne, s’il y avait un problème naturel pour intervenir très rapidement sur votre commune notamment ?
S.R. : « Alors voilà, là c’est le rôle du maire dans le cadre du plan communal de sauvegarde, le PCS, où en cas de catastrophe naturelle, le maire, les élus, sont les premiers à devoir faire face à ces problématiques de gestion du risque, car généralement, quand on a des catastrophes naturelles, le temps que les services de l’État ou des structures nationales puissent venir en aide, c’est avant tout le local qui doit pouvoir réagir au plus vite et dans les plus brefs délais ».
Alors Stéphane Roudier, vous êtes candidat donc à votre propre succession à Condat-sur-Vèzère, est-ce que l’on peut présenter l’équipe qui vous accompagne ?
S.R. : « Alors, j’ai le plaisir d’avoir constitué parce que j’avais été sollicité et tous les projets que l’on a menés, ont suscité un intérêt, bien sûr pour tous ceux qui ont bien voulu s’y intéresser, et donc j’ai recruté des personnes à la fois compétentes sur le plan professionnel avec des cursus universitaires intéressants, des motivations pour porter des projets dans l’intérêt de la commune de Condat. Alors ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Et un autre point, c’est que les personnes qui se présentent sur la liste avec moi, ont bien intégré tous les enjeux. Ils ont une connaissance fine puisque nous avons fait des dizaines et des dizaines de réunions de travail où on a abordé de nombreux dossiers, de nombreuses problématiques et chacun sait à peu près quelle commission, quelle délégation il prendra dans tel ou tel syndicat ou telle structure départementale. Pour nous le travail est fait. Ce qui veut dire que ces futurs élus ont déjà la motivation et une idée bien précise de l’action qu’ils auront à mener et dont ils auront la charge, bien sûr ».
Ils sont prêts à partir ?
S.R. : « Ils sont prêts. On n’attend que le 15 mars ».
Qu’est-ce qui peut contribuer encore plus à la qualité de vie ici à Condat-sur-Vèzère ? Alors déjà la commune est bien notée, il y a des commerces, il y a des associations qui bougent, il y a le côté sportif, le côté naturel bien sûr avec les cascades d’eau… Qu’est-ce qui pourrait apporter un plus à la qualité de vie, peut-être la santé ?
S.R. : « Alors la santé, c’est vrai. Au-delà du fait que notre commune est attractive, agréable, c’est souvent la remarque qui est faite. On a malheureusement dû renoncer à l’accueil de personnel ou de professionnels de santé faute de place. C’est aussi l’un des projets que je n’ai pas mentionné : la remise en état d’un bâtiment pour améliorer les recettes de la collectivité et deux, être en capacité d’avoir cette offre d’accueil, parce que la question d’attractivité on l’a. On le voit, sans avoir fait la publicité ou la mise en location des annexes agricoles de la Commanderie, on a déjà des sollicitations. Maintenant, on va dire qu’on avait suspendu tout ce qui était chantier participatif du fait des travaux de la commanderie. Donc tout ça va être remis en route et c’est le plaisir de travailler ensemble, de se croiser, de produire des choses en commun qui finira de valoriser notre commune et notre territoire ».
A Condat-sur-Vèzère, il y a aussi une gare et il faut aussi se battre pour la conserver ?
S.R. : « Oui, la gare de Condat-Le-Lardin qui porte le nom des deux communes, et qui est aujourd’hui un nœud de transport stratégique puisqu’on a La Bachellerie, Limeyrat et Ajat qui sont maintenant fermés. On a quand même une problématique de transport en commun avec l’État qui s’est désengagé de ces lignes régionales et où l’on voit de de plus en plus d’incidents sur les voies ou sur les horaires de transport de ces moyens collectifs de transport qui rendent service à notre population. Je crois que la gare de Condat-Le Lardin c’est 18.000 voyageurs par an, entre 15 et 18.000. Cela a une nécessité donc et il faudra se battre pour que notre gare reste ouverte à tous les voyageurs ».
Très bien, merci Stéphane Roudier. Est-ce qu’il y a une question que vous aimeriez que l’on vous pose ? Est-ce qu’il y a un sujet que l’on a pas abordé et qui semble important dans la démarche de maire ?…
S.R. : « Moi, je vais dire que la fonction de maire est une fonction très intéressante qui demande une implication permanente, régulière. C’est pour ça qu’il n’y a pas de permanence d’élu, on en mettra une probablement mais j’ai toujours été disponible. Il y a compris les soirs et les weekends, quelques fois tard, même les dimanches soirs, pour répondre à des demandes particulières. C’est à la fois une charge et un plaisir de pouvoir rendre ce service et j’espère que d’autres s’inspireront de cette démarche à l’avenir ».
Est-ce qu’il y a une citation qui vous tient à cœur ? Et je crois qui pourrait être en rapport avec le nom de votre liste qui s’appelle …
S.R. : « Condat, Terre d’Avenir. Voilà, il faut avoir confiance en notre village, en notre capacité à s’adapter aux changements qui arrivent et une capacité aussi de nos élus, de nos futurs élus et de ma nouvelle équipe pour relever de nouveaux défis ».







