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25
Sep
2022

Rencontre sur Vincent Van Gogh, artiste tourmenté

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Terrasson - Loisirs/Culture

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Une rencontre de l'ARES a réuni 59 personnes sur le thème de Vincent Van Gogh avec le Père Nicolas, le 22 septembre au Lardin-Saint-Lazare. Retour sur cette conférence avec les notes prises lors de cette soirée par le président de l'Ares Henri Delage...

"Après une biographie exhaustive et commentée de l’artiste, replacée dans son contexte familial, social, religieux et géographique, l'intervenant a été étudié trois tableaux. Le premier est « Nature morte à la Bible »... Peint sept mois après le décés de son père, ce tableau « sans intérêt » (dixit un participant), se révèle très riche. La Bible imposante avec un chandelier (éteint) est toute proche d’un livre jaune qui est « La joie de vivre » de Zola. Nul doute que la Bible représente le père, pasteur protestant rigide et autoritaire, et le livre, usé par les lectures, le choix de Vincent. Les couleurs « terre » sont une constante de l’œuvre traduisant sa préoccupation du travail, et en particulier du « travail de la terre qui nourrit les hommes ». Il s’agit d’une nature morte, c’est-à-dire une méditation sur le temps et la mort. L’oevre de Van Gogh est ainsi traversée de références théologiques (ici la Bible est ouverte au livre d’Isaïe chapitre 53 préfiguration du Christ souffrant). Sa famille était partagée entre le puritanisme du père pasteur et l’attirance vers les Arts, et en particulier vers la peinture, de la mère. Vincent aura lui-même la vocation d’être prédicateur. Ses essais, dans les milieux très populaires du Borinage, ne sont pas suivis par l’institution : son enthousiasme excessif le déconsidère et il se tourne alors vers son autre passion : la peinture.

Après un syle réaliste aux sujets naturaliste, dont ce tableau est le dernier exemplaire, il évolue vers le style très personnel qui fera sa gloire (posthume). Sa culture chrétienne, ses préoccupations sociales et son interprétation de la réalité parcourent toute sa riche et énorme production. Dans ce tableau c’est une confrontation entre le père et le fils, entre l’humain et le divin, entre la vie et la mort. Le jaune est, pour Vincent, « la clarté suprême de l’Amour ». Délivré, après cette oeuvre, il changera de style pour évoluer vers un style singulier, tellement touchant : il n’aura pas d’équivalent, d’école ou de successeur. Il s’agit du tableau charnière d’un artiste unique.

« La nuit étoilée »

Peint à Saint Rémy de Provence depuis sa chambre de l’asile d’aliénés. « Tourmenté »… « bleu et jaune »… « cyprès comme une flamme »… « village avec fenêtres éclairées et clocher »… ont dit des participants. Rapport à la couleur : le jaune est la « clarté suprême de l’Amour ». Il l’utilisera beaucoup (tournesols !). Par ailleurs les Alpilles se fondent dans le bleu du ciel, ils se rejoignent, ne font qu’un. Le ciel est dans un mouvement comme une vague ; le cyprès est comme un cierge qui fait le lien entre le ciel et la terre. Il y a une correspondance entre le jaune des fenêtres et les astres du même jaune. C’est une vision, une interprétation, qui fait fi des barreaux de la chambre de l’asile. Dans les tourments que Vincent vit, aurore et crépuscule s’affrontent dans une hallucination, une réinterprétation; un univers où le temps semble se déchirer. C’est une manifestation que, peut-être il subit, mais qu’il traduit pour sortir des déferlements de cette nuit étoilée intériorisée. Il en fait librement quelque chose. Vincent crée pour sortir du chaos dans lequel il est. « Protégé de sa propre folie par les médecins de l’asile » qui lui laissent la liberté de peindre il associe ces soignants au «Bon Samaritain» (peinture d’après une gravure d’Eugène Delacroix). Le fait de pouvoir s’exprimer par son art a été thérapeutique. Il pouvait peindre aussi en extérieur (Ce qui avait été rendu possible par l’invention du chevalet, de la peinture en tube… et du chemin de fer !). Il faut toujours contextualiser l’étude des œuvres.

Vincent est contemporain des impressionnistes mais n’en a jamais fait partie, ni d’aucune école d’ailleurs. A travers la représentation de sa réalité intérieure, il est le miroir d’une expérience. Expérience qui peut faire écho en nous-mêmes, donner à vivre, quand elle suscite en nous des émotions et du sens : il faut apprendre à voir, prendre le temps de se poser afin de reposer le regard pour contempler.

« Champ de blé aux corbeaux »

Peint en 1990 à Auvers-sur-Oise, quelques jours avant son suicide. « Un chemin… non 3 chemins »… « dominance du jaune du blé »… « des oiseaux »… « des corbeaux préfigurant la mort »… « ciel noir »… Ce sont des chemins où il allait se promener. Les corbeaux (sinistres) de V. V.G. inspireront Hitchcock. Ce sont des oiseaux symbolisant la mort. Les 3 chemins (en croix) ont une dimension christique. C’est dans un de ces chemins que Vincent se donnera la mort quelques jours plus tard. Ce qui fait de ce tableau, à postériori, une œuvre prémonitoire. Grande importance des champs de blé que l’on va moissonner (juillet) pour du pain de blé. Le jaune du blé et du travail de l’homme opposé au noir du ciel. Avec du noir dans le bleu et du rouge dans le jaune qui sont signes de mort. Vincent souffrait énormément psychiquement lorsqu’il a peint se tableau. Son suicide, quelques jours après ce tableau, a, comme toujours, de multiples raisons : dispute avec le Docteur Gachet qui le menaçait de l’abandonner, dettes envers son frère, problèmes d’argent… et
surtout son état mélancolique. Ses périodes de tranquillité étaient là où il était contenu, protégé ; par exemple à l’asile de Saint Rémy, période où il a été le plus productif. Il était l’opposé de Gauguin, se considérant lui comme génial, extraverti et tonitruant. « Comment a-t-il put se suicider alors qu’il avait la Foi ? ». Son rapport à la Foi est complexe et a évolué. D’abord christique (dans la période borinage), il suit ensuite un Christ devenu naturaliste. Il s’est éloigné de la pratique mais aimait les cérémonies avec des crèches vivantes. Sa pathologie l’a mis à distance par rapport à sa pratique. Il vivait un enfermement psychique. Seule la peinture le sortait de sa mélancolie. Il est resté très distant vis-à-vis des impressionnistes n’adhérant à aucune école. Il n’a vendu qu’un seul tableau, par l’intermédiaire de son frère (qui mourra de chagrin 3 années après lui).

Le P. Jean Marc Nicolas est vigoureusement plébiscité pour revenir au Lardin : il laisse tout espoir ! Date à convenir. Grand merci à lui". H. D.


 

Annonce de l'évènement. "Beauté & Création", commission de l'ARES, organise une rencontre sur le thème "Vincent Van Gogh... Son œuvre, son style, sa vie," avec un historien de l'Art, Jean-Marc Nicolas, le jeudi 22 septembre 2022 à 17h au centre socioculturel de Le Lardin Saint Lazare. Entrée libre.

Selon le président de l'Ares, Henri Delage : "Il s'agit de contempler des œuvres lors de cette rencontre qui se veut interactive. Ceux qui le veulent peuvent dire ce qu'ils voient, ce qu'ils ressentent, ce qu'ils pensent. On n'est pas obligé d'être un grand expert pour participer".


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