Communiqué de presse de l’entreprise Condat Solutions du mardi 15 septembre 2026 en intégralité.
« Le projet de revitalisation de Condat : vers l’une des premières IA-Factory souveraine au cœur de la Dordogne »
« Depuis la reprise du site de Condat, le groupe SPB porte un projet industriel aux activités diversifiées pour l’ancienne papeterie. De nombreuses informations et rumeurs circulent autour de la transformation du site en IA-Factory, industrie encore méconnue en France. C’est pourquoi Condat Solutions souhaite aujourd’hui expliquer et préciser les contours de ce projet durable de souveraineté technologique annoncé en février dernier : l’installation de calculateurs informatiques au Lardin-Saint-Lazare pour alimenter en puissance de calcul les Intelligences Artificielles (IA) des entreprises françaises et européennes.
Portée par un projet pionnier et innovant, la reconversion de l’usine de Condat a démarré
Les papeteries de Condat, implantées au Lardin-Saint-Lazare depuis 1907, avaient sollicité en 2025 l’ouverture d’un redressement judiciaire et engagé une recherche de repreneur face à d’importantes difficultés (effet ciseau, mutation du marché…). À l’issue de cette recherche, aucun papetier ne s’est positionné à la reprise du site. C’est dans ce contexte que le Tribunal de commerce de Bordeaux a retenu le 27 février 2026 l’offre déposée par le groupe SPB, qui propose de convertir le site papetier en un site industriel multi activités axé sur une économie circulaire.
La clé de voute : l’installation de calculateurs informatiques (IA-Factory) sur un site porteur de plusieurs activités.
Une « IA-Factory » est une usine qui produit de la puissance de calcul pour les outils d’intelligence artificielle. Faire fonctionner l’intelligence artificielle demande des ordinateurs très puissants, réunis par milliers dans un même bâtiment. Les IA-Factories ne stockent pas des données (contrairement aux datacenters) : elles produisent une ressource, la puissance de calcul, qu’achètent les industriels, les hôpitaux, les laboratoires de recherche, les administrations. Face aux enjeux d’adaptation climatique, le projet de Condat Solutions repose sur des énergies bas carbones et la réutilisation de la chaleur fatale. La réhabilitation des infrastructures permettra l’installation d’une académie de formation aux métiers de l’IA et la création de puissance de calcul souveraine et hautement sécurisée pour les secteurs stratégiques français : défense, santé, banque, éducation, R&D et cybersécurité.
Le projet « Condat Solutions » en quelques repères : 51 hectares et 126 000 m² de bâtiments réutilisés, ~450 emplois directs et indirects créés à terme, du CAP au bac+5…
Alimentation de l’IA-Factory grâce à la sous-station électrique haute tension existante, déjà raccordée au réseau national. Développement de plusieurs activités connexes, créatrices d’emplois : serres maraichères, traitement de bois… Utilisation d’énergies bas carbones et réutilisation de la chaleur produite. Une mise en marche progressive de l’usine qui prévoit une première phase de 25 mégawatts fin 2027. Permettre le redémarrage de la centrale biomasse CSR…
Produire de la puissance de calcul en France, une question de souveraineté.
Avec l’essor de l’IA, posséder les infrastructures permettant de produire de la puissance de calcul sur son territoire devient une ressource aussi stratégique que l’énergie. Se saisir de ce nouveau métier industriel devient un atout majeur dans un monde où les infrastructures pour l’alimentation des IA sont sollicitées et vouées à occuper une part toujours plus importante de l’économie. L’installation d’une IA-Factory constitue un réel avantage compétitif. Aujourd’hui, l’essentiel des IA-Factories sont situées hors de nos frontières. Disposer en France de cette ressource permet de garder la maîtrise de nos données et de notre économie future sur les secteurs clés et industries de pointe française (éducation, santé, défense, banque et cybersécurité).
L’emploi : plusieurs centaines de postes et une filière de formation à bâtir
S’il est vrai que les datacenters requièrent peu d’emploi, le projet industriel multi activités de Condat Solutions a au contraire besoin d’équipes pour la construction d’une IA-Factory jusqu’en 2030, garantir son fonctionnement et sa maintenance, mais également pour les activités connexes : centrale d’énergie, chaudière, serres, filière bois, qui forment un ensemble. À terme, ce projet prévoit la création d’environ 250 emplois sur le site, et plus de 200 emplois indirects (construction, fournisseurs, maintenance, transports, restauration, commerces). Aujourd’hui, une vingtaine de salariés (ex-Condat) assurent l’entretien, la maintenance et la sécurité des installations, pour préparer l’infrastructure et les différents projets qui forment le plan de réhabilitation du site de Condat. Une attention particulière sera portée aux anciens salariés de la papeterie. Un travail est engagé avec la Région Nouvelle-Aquitaine, France Travail, les centres d’apprentissage et les lycées professionnels du territoire pour construire les formations adaptées. L’académie de formation aux nouveaux métiers de l’IA (IA agentique, automatisation, cybersécurité, maintenance…) sera établie sur le site et formera chaque année jusqu’à 200 spécialistes. L’académie travaillera en partenariat avec les pôles universitaires du territoire (à l’instar du pôle de cryptographie et cybersécurité de Limoges).
Condat Solutions participera au job dating, organisé par les services de l’État, en lien avec France Travail et le monde économique local le 17 septembre à Terrasson-Lavilledieu, pour présenter ces métiers et ces parcours de formation. Les métiers recrutés iront du CAP au bac+5 : électriciens, chauffagistes, soudeurs, plombiers, spécialistes des réseaux et de la sécurité informatique, techniciens et ingénieurs.
Pourquoi le choix de Condat : trois atouts rares réunis au même endroit
Le prérequis pour une IA-Factory : être à proximité d’une source d’électricité. C’est pourquoi elles peuvent s’implanter en territoire rural. Condat, par son ancienne activité papetière, est un site idéal avec des installations déjà adéquates pour accueillir ce projet et ses différentes activités. Il réunit trois atouts majeurs que l’on trouve rarement ensemble : un pôle énergie adossé à la sous-station RTE et à une centrale biomasse bas carbone ; des bâtiments industriels réutilisés (126 000m2) ; et une connectivité très haut débit du site.
Un circuit vertueux où rien ne se perd
La force du projet de réhabilitation du site de Condat réside dans les synergies créées entre les différentes activités du site. Chaque activité alimente la suivante : ce qui sort de l’une devient la matière première de l’autre. C’est cette dynamique vertueuse entre chaque activité du site (pôle énergie, IA, gestion circulaire de la chaleur, activités connexes telles que serres, traitement de bois, etc…) qui distingue ce projet d’un simple centre informatique, et en fait un projet bénéfique pour l’ensemble du territoire.
Où en est le projet : un calendrier tenu
À ce stade, les outils de production ont été sécurisés, et le projet est en phase d’analyse technique et financière avant le début des chantiers de reconversion. Les études techniques, environnementales et réglementaires sont engagées, le projet industriel est précisé. L’équipe chargée de piloter le projet a quant à elle été constituée et un plan de recrutement est lancé. Un comité de pilotage se tient régulièrement avec la préfecture en présence des services de l’État pour échanger des avancées du projet et traiter des sujets réglementaires et environnementaux. Concernant la mise en route du projet, la première phase de travaux débutera fin 2026. La reprise d’activité de la partie énergie interviendra en parallèle du début des chantiers. Ensuite la montée de la puissance d’alimentation sera progressive sur les deux années suivantes.
L’ensemble du programme de réhabilitation devrait s’achever à l’horizon 2029.
Dirigé par la famille Huot, le groupe SPB a l’habitude des grands projets de réhabilitation : c’est son cœur de métier. À Bessé-sur-Braye, sur l’ancien site papetier ArjoWiggins, plus de 350 emplois directs et indirects ont été recréés et 400 millions d’euros d’investissements privés mobilisés. La transformation du site a été menée en trente mois.
Condat Solutions, filiale du groupe, s’est vu confier la reprise du site de Condat, au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), par décision du Tribunal de commerce de Bordeaux du 27 février 2026. Le site, en activité papetière depuis 1907, s’étend sur 51 hectares et compte 126 000 m² de bâtiments ».
Rappel : ceci est un communiqué de presse de l’entreprise Condat Solutions que nous avons choisi de publier in extenso.
Interview de Ghislain Huot, président de Condat Solutions, au sein du Groupe SPB :
– En deux mots, qu’allez-vous faire du site de Condat ?
« Un site industriel multi activités de nouvelle génération, avec trois activités qui se soutiennent l’une l’autre : 1, une centrale qui produit de l’énergie, 2 un grand ensemble d’ordinateurs qui fabrique de la puissance de calcul pour augmenter la productivité des entreprises françaises en les nourrissant d’une puissance souveraine et sécurisée ; 3 et des activités agricoles et industrielles qui vivent de la chaleur récupérée sur ces machines. Ce qui nous intéresse, c’est justement cet assemblage. Chacune de ces trois activités serait fragile toute seule. Ensemble, elles tiennent et créent de l’emploi que, ni un data center, ni une centrale énergétique, n’auraient créés séparément ».
– L’« IA-Factory », qu’est-ce-que c’est ? Pouvez-vous l’expliquer simplement ?
« Disons les choses autrement : c’est une usine à calcul. À l’ère de l’IA, la puissance de calcul devient une ressource aussi stratégique que l’énergie. Et disposer en France de cette infrastructure permettant cette puissance de calcul, c’est garder la maîtrise de nos données et nourrir un nouveau pan de l’économie française. Un véritable enjeu de souveraineté nationale, d’économie et de création d’emplois futurs. Ce que nous vendons, ce n’est pas de l’espace de stockage, c’est une capacité de traitement de calculs haute densité, de la même manière qu’une centrale vend de l’électricité. Nous ne stockons pas les fichiers de nos clients ; nous mettons à leur disposition la puissance nécessaire pour faire tourner leurs modèles. Et cela demande un vrai métier industriel : de l’exploitation, de la maintenance, de la sécurité, 24 heures sur 24 ».
– Pourquoi s’installer sur le site des Papeteries de Condat ? Qu’est-ce que ce site a de particulier ?
« Sa ressource la plus précieuse, c’est son poste électrique haute tension, déjà raccordé au réseau national. En France, les sites industriels qui disposent d’une telle puissance immédiatement mobilisable, sont peu nombreux. Ailleurs, il faut attendre des années pour avoir un raccordement de cette ampleur et pendant ce temps, les projets partent à l’étranger. C’est ce qui donne à ce territoire une carte à jouer qu’il n’aura pas deux fois. Si nous ne le faisons pas ici, cela se fera ailleurs, et probablement pas en France. Nous avons choisi de le faire ici, sur un site où tout existe déjà : l’électricité, les bâtiments, le personnel, la culture industrielle et les savoir-faire ».
– Pourquoi ne pas avoir relancé le papier ?
« Parce que la filière elle-même ne l’a pas voulu : lors de la recherche de repreneurs, aucun papetier ne s’est porté candidat. Ce n’est pas nous qui avons tourné la page du papier à Condat, c’est le marché. Nous ne nous en sommes pas contentés pour autant. Nous avons demandé à un groupe papetier de référence, le groupe Delfort, d’étudier s’il était possible de relancer la ligne 8. Après 5 mois d’études, sa réponse est non : ce n’est pas rentable aux conditions du marché. Et nous avons financé la maintenance de la ligne pendant toute la durée de l’étude, précisément pour la garder en stand-by jusqu’au résultat de l’étude. Nous le disons avec respect pour ce site : une usine ouverte en 1907, des familles, des savoir-faire. Mais la vraie question n’était pas « du papier ou de l’intelligence artificielle ». Elle était : de nouvelles industries, ou une friche industrielle orpheline avec tous les risques que cela implique.
– Où en est votre projet, exactement ?
« Le planning de notre projet est respecté. Les décisions stratégiques sont prises. Les études sont engagées, le site est sécurisé, le projet industriel est défini, le dépôt des dossiers d’instructions sont en cours d’élaboration. Les accords financiers sont en phase de finalisation. Nous ne sommes pas autorisés pour le moment à commenter les noms des partenaires, les montants ou les dates de signature. Le jour où nous le serons, nous les communiquerons ».
– On parle de deux milliards d’euros d’investissement. Comment est-ce possible ?
« D’abord une précision : c’est un programme d’investissement, étalé sur plusieurs années, porté par plusieurs acteurs dont chacun finance ce qui relève de son métier. Il faut distinguer deux natures de dépenses. Il y a d’un côté les infrastructures : le génie civil, l’électricité, les réseaux, la sécurité, la remise en état des bâtiments. Cela représente environ 400 millions d’euros, dépensés ici, avec des entreprises de la région. De l’autre côté, il y a les équipements informatiques eux-mêmes, les grilles de calcul, qui représentent une part importante de l’investissement ».
– Pouvez-vous nous en dire plus sur le type d’investisseurs ?
« Nous discutons avec plusieurs partenaires, ce qui est la règle sur ce type d’investissement. Ce sont des investisseurs français et européens, engagés pour que l’Europe garde la maîtrise de ses données dans une démarche de développement durable (économie circulaire, adaptation au changement climatique, net-zero). Nous ne commentons pas l’état des négociations en cours, ni les conditions discutées avec l’un ou l’autre. Ce que je peux dire, c’est que l’intérêt pour ce site est grandissant ».
– On dit qu’un centre de données (data-center) n’emploie personne. Pourquoi serait-ce différent ici ?
« Parce que ce n’est pas un data center, ce n’est pas un entrepôt de stockage de données avec quelques techniciens pour un très grand bâtiment. Ici, les activités industrielles et maraichères sont diversifiées : il y a une centrale à faire tourner, une chaudière à alimenter, des installations lourdes à entretenir, et des activités maraichères, forestières et industrielles qui vivent de la chaleur récupérée. Ce sont des emplois qui ne se délocalisent pas. Ces postes seront tenus par des gens qui habitent ici. De plus, la création d’une académie de formation aux métiers de l’IA permettra de développer toute une filière dans le territoire ».
– Et l’eau ? C’est ce qui inquiète le plus les habitants…
« Je comprends l’inquiétude, et elle mérite une réponse précise. Le refroidissement fonctionne essentiellement en circuit fermé. L’eau tourne en boucle dans des tuyaux, comme dans le radiateur d’une voiture. Elle n’est pas prise et rejetée en continu dans la rivière. La consommation d’eau de l’ensemble des projets sera très nettement inférieure à ce que consommait la papeterie. Ces informations seront rendues publiques ».
– Est-ce que le projet va réchauffer la région de plusieurs degrés ?
« C’est faux, et cette affirmation ne repose sur aucune donnée. La chaleur fatale dégagée par les calculateurs des machines n’est pas rejetée dans l’air : elle est captée et recyclée dans les activités connexes que nous mettrons en place. C’est tout l’intérêt du projet : cette chaleur servira à alimenter des serres maraichères et aux activités de traitement de bois. Les effets réels des activités qui seront développées sur le site, feront l’objet d’une étude d’impact environnemental, examinée par les services de l’État avant toute autorisation, avec une phase d’information du public. Nous préférons débattre sur ces documents que sur des chiffres ou des idées reçues qui ne s’appliquent pas à notre projet ».
– Que répondez-vous à ceux qui disent que SPB a fermé l’usine ?
« Que c’est faux. Nous sommes arrivés après, et la chronologie des événements parle d’elle-même. Quand nous nous sommes portés repreneurs, la procédure de redressement judiciaire était ouverte depuis des mois et la recherche au niveau mondial de repreneurs dans la filière papetière n’avait rien donné. La disparition du site était l’issue la plus probable. Sans cette reprise, les terrains seraient à l’abandon et les installations démontées. Une vingtaine de personnes y travaillent encore, et notre projet doit créer plusieurs centaines d’emplois. Je comprends la colère : elle est ancienne, elle est légitime, et elle vient de très loin. Mais elle ne s’adresse pas à nous. Nous sommes ceux qui ont choisi de croire en ce site pour lui donner une seconde vie quand plus personne n’y croyait, et notre meilleure réponse sera de tenir nos engagements, comme nous l’avons fait pour le site de Bessé sur Braye ».
– Que va-t-il se passer concrètement dans les prochaines semaines ?
« Trois rendez-vous. Un comité de pilotage en préfecture courant septembre, avec les architectes et les bureaux d’études. Le job dating, organisé par les services de l’État, en lien avec France Travail et le monde économique local le 17 septembre à Terrasson, où nous présenterons les métiers et les formations. Et la poursuite des études réglementaires, qui aboutiront au dépôt des demandes d’autorisation. Les travaux de préparation du site commencent avant la fin de l’année avec le début des embauches. Au-delà, nous continuerons à expliquer le projet aussi souvent qu’il le faudra. Nous sommes disponibles pour les élus, pour les salariés, pour les riverains et pour la presse. Un projet de cette nature ne se réussit pas contre son territoire : il se construit avec lui ».







