« A court d’enfants » : soirée réunionnaise à Pazayac

Interview exclusive Ewanews de Cynthia Pinet et Marie-Hélène Roux… La productrice de films et la réalisatrice-scénariste proposent une soirée cinéma-repas autour de leur film « A court d’enfants«  qui évoque l’affaire des Enfants de la Creuse. Cette soirée réunionnaise aura lieu le vendredi 17 juillet à Pazayac, réservations jusqu’à ce samedi 11 juillet au 06.98.49.66.36.

Le débat qui suivra permettra de parler aussi de leurs autres films comme « Muganga, celui qui soigne » et « Une vie déportée ». Dans notre interview vidéo (voir plus bas sur cette page), Marie-Hélène Roux souligne ce qu’elle apprécie pouvoir aborder dans ses films, notamment dans « A court d’enfants » : « moi ce qui m’intéresse, je crois que le cinéma en tout cas peut apporter un regard, peut apporter, conscientiser des choses dont on ne parle pas, des histoires, en l’occurrence des faits réels et une souffrance qui s’est passée devant les années 60/70 en France et plus précisément à la Réunion ». Cynthia Pinet de son côté ajoute : « c’est qu’il y a une appétence du public pour ce genre de film. On s’en est rendu compte notamment avec Muganga qui est un sujet vraiment très difficile. Le public a été au rendez-vous puisque que l’on a fait plus de 300.000 entrées en France, ce qui est vraiment énorme. Le film a été sélectionné dans plus de 50 festivals internationaux, et il a reçu plus de 25 prix… »

Pour les Enfants de la Creuse, cela doit vous toucher en plus car, il y a 3 semaines seulement, une loi de réparation pour les déplacés réunionnais vient d’être adoptée au Parlement* ? Marie-Hélène Roux précise : « Je sais que lorsque que l’on a tourné en 2014, le gouvernement à l’Assemblée Nationale avait voté une loi qui reconnaissait la responsabilité morale de la France dans cette affaire de déportation d’enfants. Donc, c’était important et il y a eu plusieurs étapes de réparation. Heureusement, il y a des personnes qui se battent pour ce qui est une reconnaissance et une justice. Oui, nous sommes très heureuses de cette avancée ». (*)

Marie-Hélène Roux tient à préciser que : « Il faut savoir que moi je suis née là-bas. J’ai encore de la famille réunionnaise. Ma grand-mère est réunionnaise. J’ai une attache et une affection très forte avec ce coin du monde ».

Ewanews : Pour « Muganga, celui qui soigne« , un film bouleversant qui dénonce les viols de masse en RDC, en République du Congo, vous avez essayé là aussi de faire bouger les choses ?

Cynthia Pinet précise à son tour : « On part vraiment de loin. On se rend compte que même dans les médias, alors que c’est une guerre, un conflit qui dure depuis 30 ans, et qui est le deuxième plus meurtrier après la Seconde Guerre mondiale, on se rend compte que la place qui est faite dans les journaux et dans les médias est infime ou quasi inexistante. Nous sommes contentes d’avoir pu porter cette histoire, à la fois le combat du docteur Mukwege et à la fois la résilience des femmes qui subissent ces violences sexuelles à l’est du Congo. Donc on est vraiment contentes d’avoir pu porter ça à l’écran et et de porter cette histoire à la conscience des spectateurs et des spectatrices qui sont venus voir le film. Il y a quelques semaines, j’étais au Parlement européen avec le docteur Mukwege, où on a montré le film devant des parlementaires. Il a été aussi montré à Genève, à l’ONU. C’est vraiment des étapes qui sont très importantes. En tout cas, si elles ne font pas bouger les choses, elles permettent là encore une fois de mettre en lumière un sujet qui est encore passé sous silence. Donc ça, on en est vraiment fier ».

Ewanews. Surtout que vous avez été soutenu par des personnalités internationales pour ce film ?

« Oui, vous parlez d’Angelina Jolie. En effet oui, après avoir visionné le film, elle aussi a été bouleversée et afin de donner une grande visibilité au film, elle a souhaité nous rejoindre. Donc, en effet, ça c’est assez incroyable oui. Avec un film, on ne change pas le monde, mais on change avec l’émotion, on change les êtres et c’est le public, c’est nous, c’est la société qui peut changer les choses. Et on a vu, moi j’ai eu beaucoup beaucoup de témoignages de personnes qui m’ont contacté… Donc en fait, les répercussions, elles sont réelles. Après, est-ce que l’on peut changer les choses ? Ça serait très prétentieux et on n’a pas du tout cette prétention de se dire que l’on peut changer la situation. Malheureusement, il y a un contexte géopolitique, des intérêts économiques qui sont énormes. Mais il y a beaucoup de personnes et notamment la jeunesse qui s’est mobilisée pour venir en aide, pour faire des collectes, pour en parler,  et beaucoup de Congolais, de Congolaises, et ça c’est important ».

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