14 juillet : le maire de Terrasson s’appuie sur l’histoire…

Cérémonie officielle du 14 juillet en 2026 à Terrasson en vidéo ci-jointe : défilé sur le pont neuf, dépôt de gerbes, discours du maire Jean Bousquet à la salle des fêtes, et interview de Joffrey Conte, chef d’escadron commandant la compagnie de Sarlat.

Dans son discours, le maire retrace l’histoire du 14 Juillet pour s’appuyer et évoquer la prochaine élection présidentielle… Extrait : « puisse ce rappel historique nous permettre de garder en nos cœurs le désir profond de liberté qui a fondé notre République et nous permettre aussi de garder en nos esprits de la sagesse et de la modération… »

Discours du maire de Terrasson-Lavilledieu (Dordogne), lors de la cérémonie officielle du 14 juillet 2026 : 

« C’est toujours une joie particulière de se retrouver ici rassemblés pour notre fête nationale du 14 juillet. Malgré la situation difficile que nous rencontrons en ce moment qui nous a obligé à modifier tout le déroulé de cette journée. Les Français qui prirent d’assaut la prison de la Bastille le 14 juillet 1789, avaient-ils conscience de la portée de leur action?

Il est bien sûr peu probable que nos révolutionnaires de juillet aient pu mesurer que leur soulèvement deviendrait le symbole de la République française, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, devise de notre nation.

Ce fut dans un contexte de grande inquiétude et même avec un sentiment de danger que le peuple français prit les armes pour s’insurger. Dans le cadre de la réunion des États Généraux, le Tiers État venait de se constituer par le serment du Jeu de Paume en Assemblée nationale constituante pour donner à la France une constitution. Quelques jours après, le roi Louis XVI prit la décision de renvoyer Jacques Necker, son ministre d’État, très populaire, contrôleur général des finances du royaume.

En réaction à ce renvoi, le journaliste révolutionnaire Camille Desmoulins appela à l’insurrection. Le bruit courait aussi d’un complot aristocratique pour empêcher les avancées démocratiques de l’Assemblée. Des régiments étrangers, notamment des troupes allemandes et suisses, étaient massés autour de la capitale pour le cas où les gardes français rejoindraient le peuple. Le prix du pain n’avait jamais été aussi élevé depuis plus d’un siècle.

La population craignait la famine et les troupes mercenaires étrangères contrôlées par le pouvoir royal contre la marche d’émancipation nationale en cours. Les émeutes commencèrent, d’abord pour piller le couvent Saint-Lazare où étaient entreposés des vivres. Puis, après être parvenus à s’emparer des fusils aux Invalides, les émeutiers gagnèrent la Bastille pour trouver de la poudre et des balles.

Ils en feront le siège jusqu’à prendre le contrôle total de la prison dans une extrême violence puisque les têtes de Launay, gouverneur de la Bastille, et de Jacques de Flesselles, prévôt des marchands de Paris, se retrouveront chacune au bout d’une pique, promenées dans les rues de la capitale jusqu’au Palais Royal. Les émeutiers n’avaient bien sûr pas conscience de la portée symbolique de la prise de la Bastille. Ils s’étaient insurgés contre la famine et contre le risque de perdre les libertés gagnées par l’Assemblée nouvellement constituée.

En prenant la Bastille où s’y trouvaient enfermés des prisonniers par lettres de cachet, c’est-à-dire sur simple ordre du roi, ils s’étaient pourtant aussi révoltés contre l’arbitraire de la monarchie et contre les tentatives de la noblesse pour garder le pouvoir. Cela quelques jours seulement avant la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, adoptée par l’Assemblée nationale constituante entre le 20 et le 26 août 1789.

Laquelle proclamait les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme, fondant la liberté, l’égalité, la souveraineté nationale. Selon les mots bien connus, François Alexandre de La Rochefoucauld, duc de Liancourt, ira réveiller le roi pendant la nuit d’insurrection pour lui dire la grandeur et la force irrésistible du mouvement ainsi que le danger couru par le pouvoir royal.

Le roi, mal éveillé, et qui ne s’éveilla jamais, selon l’historien Michelet exprima « Mais quoi, c’est donc une révolte? » « Non, seigneur, c’est une révolution » lui répondit le duc. Le jour de notre fête nationale est ainsi le jour emblématique de la Révolution française. Ce jour où les Français ont prenant les armes par tout moyen, refusèrent de perdre ce qu’ils étaient sur le point de gagner.

Si bien sûr les parlementaires de la Troisième République choisirent le 14 juillet comme fête nationale, aussi en référence à la fête de la Fédération qui eut lieu un an après l’insurrection, le 14 juillet 1790, et qui fut un jour de concorde nationale, le symbole premier reste celui de la prise de la Bastille. Le symbole de la prise de la Bastille constitue notre identité, nos gènes et le sang qui coule depuis dans nos veines.

Nous savons prendre les armes pour défendre nos droits contre l’oppression et contre l’injustice quand celle-ci règne au cœur du pouvoir. Chaque année, notre fête nationale nous permet de ne pas oublier la force et la grandeur de notre peuple.

Alors que la campagne pour la prochaine élection présidentielle semble avoir débuté, puisse ce rappel historique nous permettre de garder en nos cœurs le désir profond de liberté qui a fondé notre République et nous permettre aussi de garder en nos esprits de la sagesse et de la modération. Pour ne pas manquer de pain, si je puis dire, il faudra des programmes économiques sérieux et des programmes permettant de mettre nos institutions sur de bons rails.

En effet, il y a beaucoup de domaines qui ne fonctionnent plus normalement. J’espère de tout cœur que cela devienne une réalité et non un vœux pieux. Puisse en tout cas l’esprit de la philosophie des Lumières : toujours nous inspirer et guider notre pays sur la scène nationale comme dans le concert actuellement très agité des Nations. À chacune, à chacun, dans ses fonctions électives ou professionnelles, comme dans sa vie personnelle, je souhaite une très belle et heureuse fête nationale du 14 juillet.

Malheureusement cette année, notre fête ne se conclura pas par le traditionnel son et lumières qui attire chaque année de nombreux spectateurs de toute la région. La canicule que nous subissons nous impose la plus grande prudence vis-à-vis de nos concitoyens, de nos personnels, des services de sécurité, très sollicités en ce moment, particulièrement les pompiers, du site où a lieu le spectacle.

Ce qui vous permettra sûrement de regarder le match ce soir, en toute tranquillité. Vive la République, vive la France, vive Terrasson-Lavilledieu. »

Jean Bousquet

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